Le baptême du Christ dans l'art

Le baptême du Christ dans l'art

Alors Jésus arrive de la Galilée au Jourdain, vers Jean, pour être baptisé par lui. Celui-ci l'en détournait, en disant: "C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi!" Mais Jésus lui répondit: "Laisse faire pour l'instant: car c'est ainsi qu'il nous convient d'accomplir toute justice." Alors il le laisse faire.

Ayant été baptisé, Jésus aussitôt remonta de l'eau; et voici que les cieux s'ouvrirent: il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici qu'une voix venue des cieux disait: "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur."

(Matthieu 3, 13-17)

 

Dès le II° siècle, le baptême du Christ est représenté. Le Christ est dans l'eau, Jean Baptiste se penche et le baptiste, l'Esprit Saint sous la forme d'une colombe repose sur le Christ, et éclaire le Seigneur par des rayons.

Exemple : Baptistère du cimetière de saint Pierre et Marcellin.

 

Au IV° siècle, Jésus et Jean le Baptiste sont auréolés. Un ange, aux mains couvertes en signe de respect, assiste à la scène.

Exemple : Une ampoule de Monza et deux ampoules de Bobbio.

 

Après la paix de Constantin, la scène occupe des absides entières (voir ci-dessous) et sert à représenter la divinité du Christ et la Trinité. Le haut de l'abside (ou la coupole) est le lieu où est représentée la divinité.

Paolin de Nola décrit la mosaïque qu'il a fait faire dans l'abside de sa basilique, à Nola, datée des années 394 à 402 :

« La sainte Trinité y resplendit dans tout son mystère.

Le Christ a la forme d'un agneau,

le Père fait tonner sa voix dans les cieux,

l'Esprit Saint descend comme une colombe.»

 

Pendant et après le Moyen Age, les représentations du baptême du Christ évoluent un peu :

Les eaux recouvrent le Christ (un thème qui provient d'une légende syriaque qui racontent que les eaux du Jourdain sont montées au moment du baptême du Christ) ;

parfois une goutte d'huile tombe du bec de la colombe (Jésus est l'Oint par excellence, il est le consacré au Seigneur par excellence) ;

les anges sont davantage présents,

et les pécheurs, venus répondre à l'appel du Baptiste à la conversion,  sont représentés en plus grand nombre (Voir le tableau Pérugin, ci-dessous).

 


Françoise Breynaert

Cf. Giuseppe Maria Toscano,

La vita e la missione della Madonna nell'arte,

I mille volti di Cristo nell'arte, Carlo Pellerzi editore, 1991, p.114-115