Le Psaume 22, le cri de Jésus et son exaucement (Benoît XVI)

Le Psaume 22, le cri de Jésus et son exaucement (Benoît XVI)

Suivons les explications de Joseph Ratzinger, Benoît XVI, Jésus de Nazareth. De l'entrée à Jérusalem à la Résurrection.

 

Matthieu est Marc nous racontent de manière concordante que, à la neuvième heure, Jésus s'exclama en un grand cri :

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46 ; Mc 15, 34).

 

Ce n'est pas n'importe quel cri d'abandon. Jésus récite le grand Psaume de l'Israël souffrant et prend ainsi sur lui tous les tourments non seulement d'Israël mais de tous les hommes qui, en ce monde, souffrent parce que Dieu leur est caché.[1]

 

Le Psaume 22 est un grand cri angoissé que l'Israël souffrant adresse au Dieu qui apparemment se tait.

 

Le mot « crier » qui, surtout chez Marc, prend aussi dans le récit sur Jésus en Croix une importance centrale, caractérise pour ainsi dire le ton du psaume. « Insoucieux de me sauver, malgré les mots que je rugis ! » y est-il dit, dès le début.

 

Les versets 7-9 parlent du mépris qui entoure le priant. Ce mépris devient un défi lancé à Dieu et ainsi le souffrant est davantage tourné en dérision : « Il s'est remis à Dieu, qu'il le délivre ! Qu'il le libère, puisqu'il est son ami ! »

La souffrance innocente est interprétée comme preuve du fait que Dieu véritablement n'aime pas celui qui est mis à la torture.

 

Le verset 19 parle du tirage au sort des vêtements comme cela est effectivement arrivé au pied de la Croix. [2]

 

Mais ensuite, le cri d'angoisse se transforme en une profession de confiance, bien plus, c'est, sur trois versets, l'anticipation et la célébration d'un grand exaucement.

D'abord :

« de toi vient ma louange dans la grande assemblée, j'accomplirai mes vœux devant ceux qui le craignent. » (v.26).

L'Eglise naissante sait qu'elle est la grande assemblée où se célèbre l'exaucement de celui qui implore , son salut, - la résurrection !

Puis suivent deux autres éléments surprenants. Le salut concerne non seulement le priant, mais devient

« rassasiement des pauvres » (v. 27).

Mieux encore :

« Tous les lointains de la terre se souviendront et reviendront vers le Seigneur ; toutes les familles des nations se prosterneront devant lui. » (v. 28)

Comment l'Eglise naissante n'aurait-elle pu ne pas reconnaître en ces versets, d'une part, le rassasiement des pauvres grâce au mystérieux banquet nouveau, qui lui est donné par le Seigneur dans l'Eucharistie ? Et comment, d'autre part, aurait-elle pu ne pas y voir l'événement inattendu que les peuples du monde se convertissaient ?

L'Eucharistie (louange v. 26 et rassasiement v. 27) et l'universalité du salut (v. 28) apparaissent comme le grand exaucement par Dieu, qui répond au cri de Jésus.

 

Il est important de garder toujours à l'esprit le vaste cours des évènements contenus dans ce Psaume pour comprendre comment, dans le récit de la Croix, il a une place aussi centrale.[3]

 


[1] Joseph Ratzinger, Benoît XVI, Jésus de Nazareth. De l'entrée à Jérusalem à la Résurrection. Parole et Silence, Paris 2011, p. 245

[2] Joseph Ratzinger, Benoît XVI, Ibid., p. 235

[3] Joseph Ratzinger, Benoît XVI, Ibid., p. 236

 

Synthèse Françoise Breynaert