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Le Ressuscité vient à notre rencontre

« Le Christ est ressuscité, donc vivant, donc présent, donc agissant, donc transfigurant, donc divinisant » disait le P.Varillon. Benoît XVI précise cela par la lecture des Ecritures.

 

Les repas du ressuscité

Les évangélistes racontent le repas de Jésus avec les disciples d'Emmaüs (Lc 24, 30), le repas où Jésus mange du poisson devant eux (Lc 24, 43), le repas au bord du lac (Lc 21, 12)...  Nous lisons dans les Actes des apôtres :

« Alors, au cours d'un repas qu'il partageait avec eux, Jésus... » (Ac 1, 4) littéralement : « Alors qu'il mangeait le sel avec eux, Jésus... » en grec : synalizómenos.

Dans l'Ancien Testament, explique Benoît XVI, le fait de manger ensemble du pain et du sel ou même seulement du sel, sert à sceller des Alliances solides (cf. Nb 18, 19 ; 2 Ch 13, 5). Ainsi, le fait de manger du sel accompli par Jésus après la résurrection est un événement d'Alliance en étroite relation avec la dernière Cène où le Seigneur avait institué la nouvelle Alliance (Lc 22, 20) : Jésus ressuscité "fait participer les disciples à sa vie, à la Vie même"[1].

 

Marie de Nazareth, la femme de l'Alliance, nous stimule à entrer dans cette Alliance extraordinaire où Dieu veut nous communiquer sa Vie.

 

Jésus n'est pas simplement réanimé.

Benoît XVI, explique que la résurrection de Jésus est différente de celle de Lazare  (Jn 11) ou du fils de la veuve de Naim (Lc 7, 11-17), en effet, Jésus entre toutes portes étant closes et les disciples parfois ne le reconnaissent pas (Jn 21, 4). « Jésus n'est pas quelqu'un qui est revenu à la vie biologique ordinaire et qui par la suite, selon les lois de la biologie, devait un jour ou l'autre mourir de nouveau. »[2]

 

Jésus n'est pas un fantôme, un esprit.

Benoît XVI, a rappelé l'évangile de Luc (Lc 24, 36-43) où ses disciples ont peur de voir un fantôme et Jésus mange devant eux : « Jésus n'est pas un fantôme (« un esprit »). Cela veut dire qu'il n'est pas quelqu'un qui, e réalité, appartient au monde des morts, même s'il lui est possible de se manifester de quelque manière dans le monde de la vie »[3].

 

Marie de Nazareth nous éduque au réalisme de la Résurrection comme elle nous éduque au réalisme de l'Incarnation.

 

Jésus vient à notre rencontre.

Benoît XVI nous fait lire les récits des apparitions du ressuscité pour nous faire comprendre que la résurrection de Jésus est une rencontre avec une personne « qui de l'extérieur s'approche de moi. »

Il ne s'agit pas d'expérience mystique où « l'esprit humain est un moment soulevé au-dessus de lui-même et où il perçoit le monde du divin et de l'éternel, pour revenir ensuite à l'horizon normal de son existence. » [4].

« Paul a très clairement fait la distinction entre ses expériences mystiques - comme par exemple son élévation au troisième ciel décrite en 2 Corinthiens 12, 1-4 et sa rencontre avec le Ressuscité sur le chemin de Damas (Actes 9 ; 22 ; 26), qui était un événement dans l'histoire, une rencontre avec une personne vivante. » [5].

 

Marie de Nazareth nous éduque à accueillir avec un cœur ouvert la venue de Jésus qui vient à notre rencontre comme elle a accueilli avec un cœur ouvert l'Annonciation.

 


[1] Extraits de : Joseph Ratzinger, Benoît XVI, Jésus de Nazareth. De l'entrée à Jérusalem à la Résurrection. Parole et Silence, Paris 2011, p. 305-306

[2] Ibid., p. 307

[3] Ibid., p. 307

[4] Ibid., p. 307

[5] Ibid., p. 307-308

Synthèse Françoise Breynaert