L’arbre de Jessé au XVI° siècle : une nouvelle actualité.

L’arbre de Jessé au XVI° siècle : une nouvelle actualité.

Rappel[1] :

La représentation de l'arbre de Jessé montre un arbre luxuriant sortant de l'abdomen de Jessé (dans les représentations anciennes, Jessé est couché, et l'arbre évoque clairement la généalogie charnelle), avec en général quelques rois de la lignée davidique, puis la Vierge, le Christ et l'Esprit Saint (sous forme d'une ou de sept colombes).

Cette représentation hiérarchisée articule la vie de la grâce (la Vierge enfantant le Christ) sur la vie biologique (la lignée charnelle). Le message est que la société chrétienne n'est pas tant cimentée par les liens du sang mais par la vie de la grâce. L'Eglise donne les sacrements qui font naître à la vie spirituelle, et qui sont dispensés par un clergé vierge, pour que la « caritas » (charité d'origine divine) cimente la société, par exemple par les relations du parrain de baptême à son filleul ; ou par les relations dans les confraternités en tout genre.

 

L'arbre de Jessé : une nouvelle actualité au XVI° siècle.

Au XIV° siècle, la représentation de l'arbre de Jessé connaît une éclipse. Mais il a un regain de faveur au XV° et surtout au XVI° siècle, c'est à dire à une époque où plusieurs réformateurs remettent en cause justement le message de l'arbre de Jessé. « Les réformes prônent en particulier l'abandon du célibat des clercs, pierre angulaire de la disposition hiérarchique du spirituel et du charnel ; tout en conservant le baptême, elles minimisent les principes de parentés baptismale ; à quoi s'ajoutent la disparition du culte de la vierge, des saints et des pratiques qui s'y rattachaient. [...] Que dans ces circonstances, l'arbre de Jessé ait trouvé une nouvelle actualité ne semble pas illogique. »[2]

 


[1] Cf. Anita Gerreau-Jalabert, L'arbre de Jessé et l'ordre chrétien de la parenté, dans Marie, le culte de la Vierge dans la société médiévale, Beauchêne, Paris 1996, p. 138-170

[2] Ibid., p. 170.

Synthèse Françoise Breynaert