Jésus, Verbe incarné

Jésus, Verbe incarné

 

Le mystère de l'Incarnation a des préparations dès l'Ancien Testament : dès lors que l'on croit que Dieu parle à travers les évènements (humains), on commence à comprendre que l'humain et le divin, l'action divine de révélation et l'action humaine de l'auteur inspiré, peuvent s'unir sans se confondre[1].

 

Le récit évangélique de l'Annonciation à Marie et le récit de l'annonciation à Joseph son fiancé disent que Marie, étant vierge, devient la demeure de Dieu plus encore que ne l'était la tente de la rencontre : Marie conçoit par l'Esprit Saint le Fils du Très Haut. Réalité inouïe.

 


Les premiers disciples ont découvert le mystère de l'Incarnation en regardant vivre Jésus et en l'écoutant. La divinité du Christ est souvent pressentie à partir de ses miracles, mais c'est insuffisant (on trouve des faits merveilleux en dehors du christianisme). La divinité du Christ a surtout été pressentie à partir de son amour et de sa manière de révéler l'homme à lui-même, ce que seul le Créateur peut faire. C'est ainsi par exemple que Zachée a eu la force de changer de vie et de se faire pauvre pour le Christ car il voyait Dieu en lui. Seuls les cœurs purs ont pu ainsi littéralement voir Dieu[2].

 

 

Les Evangiles ont une forme de récit et non pas la forme d'une définition doctrinale, ce qui viendra plus tard. Après le concile d'Ephèse, le concile de Chalcédoine explique que le Fils « qui avant les siècles est engendré par le Père selon la divinité, dans les derniers jours, le même, pour nous et pour notre salut, est engendré par Marie Vierge Mère de Dieu selon l'humanité ».

 

 

Vatican II présente le mystère de l'incarnation en disant que «  par son incarnation, le Fils de Dieu s'est en quelque sorte uni lui-même à tout homme. Il a travaillé avec des mains d'homme, il a pensé avec une intelligence d'homme, il a agi avec une volonté d'homme, il a aimé avec un cœur d'homme. Né de la Vierge Marie, il est vraiment devenu l'un de nous, en tout semblable à nous, hormis le péché (He 4, 15) »[3]

 

 

La doctrine de l'Incarnation a subi des déformations anti-chrétiennes. Les courants gnostiques et l'islam ont imaginé une sorte de prise de possession divine sur Jésus adulte au moment de son baptême au Jourdain et jusqu'au calvaire, sans accepter que Dieu se soit fait homme de la conception jusqu'à la mort humaine. Evidemment, un tel personnage ne peut pas « Sauver » car, comme le dit saint Irénée, ne peut être sauvé par Dieu que ce qui est assumé par Dieu. Et en effet, le nom de « Jésus » (littéralement « Il Sauve ») est déformé et devient dans le Coran « Issa ».

 


[1] Vatican II, Dei Verbum, chapitres 1,2, 3.

[2] Et en tout premier, Marie la toute pure...

[3] Vatican II, Gaudium et Spes § 22.

Synthèse F. Breynaert