Patristique avant le concile de NicéeChapitre : Patristique avant le concile de Nicée

Patristique avant le concile de Nicée

Certains, juifs ou païens, pensent : une Vierge deviendrait féconde ? Impossible. Un Dieu qui naît et meurt ? Honteux ! Ces mystères retentissants ne sont pas reçus par ceux qui prétendent enfermer Dieu dans leurs propres schémas limités, et ils sont cachés à Satan.

 

Saint Ignace d'Antioche, premier successeur de saint Pierre à Antioche, et martyr sous Trajan, part des faits et recherche leur sens dans la Parole de Dieu, il insiste sur la vérité biologique de la naissance de Jésus : le Christ est vraiment le Fils de Dieu fait homme. Ainsi, et seulement ainsi, notre divinisation peut avoir lieu. La fécondité de la Vierge prépare la destruction de la mort.

 

Irénée à Lyon, Justin à Rome, Origène et Tertullien en Afrique du Nord s'exprimeront de manière analogue, et progressivement l'expression « Mère de Dieu  (Theotokos) » (Origène) résumera le mystère qui nous ouvre à tous la voie de la divinisation.

 

« Pour la défense de l'humanité vraie du Christ et contre le docétisme, l'Église ancienne a souligné que Jésus est né de Marie. Il n'avait pas simplement « apparence » humaine ; il n'est pas descendu du ciel dans un « corps céleste » et, pour sa naissance, il n'est pas simplement « passé à travers » sa mère. Au contraire, c'est de sa propre substance que Marie a enfanté son fils. Pour Ignace d'Antioche († 110 env.) et Tertullien († 225 env.), Jésus est pleinement homme parce que « vraiment né » de Marie. [...]

Celui qui est né de Marie est le Fils éternel de Dieu. Les Pères d'Orient et d'Occident -- comme Justin († 150 env.), Irénée († 202 env.) [...] -- ont exposé cet enseignement du Nouveau Testament dans les termes d'Isaïe 7, 14 - elle accomplit la vision du prophète et donne naissance à "Dieu avec nous". [...]

Le titre de Marie Theotókos était officiellement invoqué pour sauvegarder la doctrine orthodoxe de l'unité de la personne du Christ. Ce titre fut en usage dans des Églises sous l'influence d'Alexandrie. »[1]

 

La Vierge Marie nous communique la vraie foi, et les conséquences spirituelles sont immenses : Jésus est adoré (il est Dieu), et il peut être imité (il est homme).

Ce mystère est source d'espérance, car l'Homme-Dieu vivifie notre humanité.

 


[1] Commission internationale anglicane - catholique romaine (ARCIC),

« Marie : grâce et espérance dans le Christ », 2 février 2004, 32.33


Introduction par F. Breynaert