Vatican II parle de la maternité divine

Vatican II parle de la maternité divine

Le concile Vatican II parle de la maternité divine en toute sa richesse théologique dans le plus important de ses documents, c’est-à-dire la constitution dogmatique Lumen Gentium chapitre VIII dont le titre est « Marie, la Vierge, la Mère de Dieu, dans le mystère du Christ et de l’Eglise. »

 

Il ne s’est pas limité à proposer ce qui avait été déjà défini ou indiqué précédemment, mais il a relu ce mystère fondamental de Marie dans le contexte doctrinal plus vaste de la mission entière de la Vierge.

 

La maternité du Christ dans le mystère du Christ

L’intention du concile est de relire la mission maternelle de Marie pour la signification et pour l’apport qu’elle donne au salut humain.

 

a) Toute la vie de Marie est importante

En conséquence, la conception, l’enfantement, l’alimentation et l’éducation constituent seulement le premier moment, essentiel et déterminant de la maternité salvatrice divine. Celle-ci mûrit et se perfectionne jusqu’à établir une conformité parfaite entre la mère et le Fils et à établir entre eux une union intime et constante dans l’œuvre du salut, de Nazareth à Bethléem, de Cana à Jérusalem, du Calvaire à l’Assomption au ciel (LG 56-59.61).

 

b) Est importante l’attitude psychologique et spirituelle de Marie

En interprétant le consentement de Marie à l’Annonciation, le concile met en évidence que ce consentement est donné en pleine liberté et conscience et qu’il exprime un engagement responsable devant l’invitation divine à un service total du Christ et de son oeuvre salvatrice (LG 53.56).

 

Avec ces valeurs psychologiques, sont soulignées aussi ses valeurs spirituelles : Marie vit sa maternité divine et salvatrice sous l’impulsion de la grâce de l’Esprit Saint, du début à la fin de sa vie terrestre, dans un chemin progressif de foi, d’espérance, d’obéissance, de charité, en consacrant sa propre personne à l’œuvre salvatrice du Fils.

 

c) La maternité divine : une dignité et un service

Un autre élément avec lequel le concile enrichit l’idée de la maternité divine est la dimension biblique du service avec laquelle il la présente.

La mère de Dieu est en réalité la servante du Seigneur, c’est-à-dire, celle qui interprète sa mission maternelle dans la ligne religieuse des "serviteurs de YHWH" comme un service pour le genre humain, pour que se réalise dans sa vie la volonté salvatrice de Dieu (LG 56).

Même si le chapitre VIII de la Lumen Gentium a répété que la maternité divine est un don, une dignité, notions qui dérivent de l’ancienne théologie des premiers siècles, il a cependant souligné que Marie l’a comprise et l’a vécue comme un service : mère de Dieu et donc servante.

 

La maternité divine dans le mystère de l’Église

Les pères du concile ont voulu proposer une synthèse nouvelle et approfondie de la doctrine mariale. En deux paragraphes originaux (LG 63-64), le concile déclare à la suite de saint Ambroise que Marie est une figure ("typus") de l’Église dans la maternité virginale.

Le concile veut dire que Marie n’est pas la seule mère et vierge, mais que l’Église aussi est mère et vierge, et que maternité de Marie est la figure de la maternité de l’Eglise.

Développer cette idée peut conduire, sans craindre de trahir le concile, à conclure que l’événement salvateur de la maternité virginale divine ne peut pas être considéré seulement comme un fait du passé, concernant seulement Marie, mais que c’est une réalité qui se renouvelle à tous les moments du salut opéré par l’Église, qui vit la maternité virginale.

Il est cependant clair que le type de génération avec lequel le Christ est né de la Vierge et celui avec lequel il continue à naître de l’Église sont de nature et de modalités différentes.

Mais ce qui compte le plus dans cet aspect de la doctrine du Vatican II, est qu’il ouvre à la théologie une nouvelle piste d’approfondissement : la maternité divine n’établit pas seulement un rapport entre Marie et le Christ, mais aussi un rapport intime entre Marie et l’Église en étendant la signification de la maternité divine au domaine le plus ample de toute l’histoire du salut.

 


S. Meo

Extraits de : S.MEO, "Madre di Dio", Nuovo dizionario di mariologia,

a cura di de Fiores, ed. san Paolo 1985, pp. 739-741