La proclamation de la Résurrection (Benoît XVI)

La proclamation de la Résurrection (Benoît XVI)

« Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j'avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Ecritures, qu'il a été mis au tombeau, qu'il est ressuscité le troisième jour selon les Ecritures, qu'il est apparu à Céphas, puis aux Douze. » (1 Co 15, 3-5)

Dans le Credo de saint Paul, il n'est pas affirmé explicitement que le tombeau fût vide, mais cela est clairement présupposé. Les quatre Evangiles en parlent tous amplement du tombeau vide dans leurs récits sur la Résurrection.

Pour la compréhension théologique du tombeau vide, un passage du discours de saint Pierre à la Pentecôte me semble important : Celui-ci, pour la première fois, y annonce ouvertement la Résurrection de Jésus face à la foule rassemblée. Il ne le fait pas avec des mots à lui, lais en citant le Psaume 16, 9-11 où il est dit :

« Ma chair reposera dans l'espérance que tu n'abandonneras pas mon âme à l'Hadès et ne laissera pas ton Saint voir la corruption. Tu mas fait connaître des chemins de vie... » (Ac 2, 26s).

Pierre cite en ce cas le texte du Psaume dans la version de la Bible grecque (qui est différente du texte hébraïque où le priant parle de la certitude que Dieu le protègera et le sauvera de la mort : il ne verra pas la fosse). Et Pierre constate que cette espérance ne s'est pas réalisée en David : « Il est mort et a été enseveli et son tombeau est encore aujourd'hui parmi nous » (Ac 2, 29). Le sépulcre avec le cadavre est la preuve que la résurrection n'a pas eu lieu.

Cependant, la parole du Psaume est véridique : elle vaut pour le David définitif, bien plus, Jésus est ici désigné comme le vrai David justement parce que, en lui, s'est accomplie la parole de la promesse : « Tu ne laisseras pas ton saint voir la corruption ».

 

Si dans le Credo de Jérusalem, remontant aux origines et rapporté par Paul, il et dit que Jésus est ressuscité selon les Ecritures, c'est que l'on considère à coup sûr le Psaume 16 comme un témoignage scripturaire décisif pour l'Eglise naissante.

 


Extraits par F. Breynaert de : Joseph Ratzinger, Benoît XVI, Jésus de Nazareth. De l'entrée à Jérusalem à la Résurrection. Parole et Silence, Paris 2011, p. 285-291