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La résurrection de la chair

Le symbole des apôtres (Credo) proclame la foi à la résurrection de la chair et à la vie éternelle.

 

Le catéchisme de l'Eglise catholique (CEC) commente ainsi le Credo :

« "Caro salutis est cardo" (Tertullien, res. 8,2). Nous croyons en Dieu qui est le créateur de la chair; nous croyons au Verbe fait chair pour racheter la chair; nous croyons en la résurrection de la chair, achèvement de la création et de la rédemption de la chair. »

(CEC 1015)

 

Commentaire :

L'Apôtre Paul fut ravi au Paradis et jusqu'au troisième ciel, dans « mon corps ou hors de mon corps, je ne sais pas » et il y entendit des paroles ineffables qu'il n'est pas permis à l'homme d'exprimer (2Co 12, 3-4).

 

Nous savons de la bouche du Seigneur qu'après la Résurrection, les justes seront « semblables aux anges » (Luc 20,36).

Les anges et les âmes sont habituellement qualifiés d'incorporels dans les Ecritures. On les appelle aussi esprits car ils sont infiniment plus fins par nature que les objets matériels, et totalement différents.

Les anges ne sont pas Dieu infini, ils sont circonscrits. Ils se manifestent parfois de manière corporelle c'est à dire avec un corps qui occupe une certaine place, limitée, parce qu'ils sont limités[1]. Par exemple, après la Résurrection du Christ, des anges sont apparus aux femmes myrrophores, tels des hommes resplendissants vêtus de blanc (Luc 24,4 ; Jn 20,12). Lors de l'Ascension, ils sont aussi apparus comme des hommes vêtus de blanc (Ac 1,10).

 

Quand nous parlons de la résurrection de la chair, il ne s'agit pas de ce qu'elle a été pour Lazare, mais c'est pour la vie éternelle.[2] Les justes ressuscités (comme aussi les anges) sont limités et sont donc circonscrits. Seuls le néant et l'infini, ne sont pas soumises à une forme quelconque. Au moment de la mort, l'âme se sépare du corps terrestre, mais l'âme humaine est toujours circonscrite (seul Dieu est infini) et il faut donc parler de la « résurrection de la chair ».

« "Il faut que corruptible, ce corps se revête d'incorruptibilité, et que mortel, il se revête d'immortalité" (1Co 15, 42). [...] La chair et le sang seront ainsi changés et formeront un corps céleste pareil à celui des anges. "Les morts ressusciteront dans un état d'incorruptibilité, et nous, nous serons transformés" (1Co 15, 51). »[3]

 

En contraste avec la félicité des justes qui connaîtront l'achèvement de la création et la rédemption de leur chair, les tourments des réprouvés sont en rapport avec les vices qu'ils ont pratiqué dans leur chair en obscurcissant leurs sens[4].

La foi en la résurrection de la chair doit donc guider la manière dont nous traitons l'écologie de notre environnement, la pureté de nos propres sens et toute notre conduite.

 

Le Verbe de Dieu s'est incarné. Le Christ est vrai Dieu et vrai homme. Il a prit une âme humaine (cette âme est circonscrite, alors que Dieu est infini). Ressuscité, le Christ apparaît avec un corps (circonscrit), parce qu'il a une âme humaine. « Nous croyons aussi la résurrection de la chair, devant se faire pour nous, comme elle s'est déjà faite pour Jésus-Christ; le corps ne doit-il pas espérer une transformation qui est déjà réalisée dans son chef ? Jésus-Christ est la tête de l'Eglise; l'Eglise est le corps de Jésus-Christ (Eph 5, 23.). Notre chef est ressuscité, il est monté au ciel; là où se trouve la tête, les membres doivent également se trouver.»[5]

 


[1] Cf. Saint Jean Damascène, La foi orthodoxe, livre 2, ch.3.

[2] Saint Augustin, Du symbole de la foi, IX, 17

[3] Saint Augustin, Du combat chrétien, XXXII, 34

[4] cf. Saint Augustin, De la vraie religion, chapitre 54

[5] Saint Augustin, Du symbole de la foi, IX, 17

 


Synthèse Françoise Breynaert

 

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