La coopération de Marie à la RédemptionMaria singolare cooperatrice della Redenzione (Gv 19, 25-26)Partie : La coopération à la Rédemption

La coopération de Marie à la Rédemption

Au cours des siècles, l'Église a médité sur la coopération de Marie à l'œuvre du salut, en approfondissant l'analyse de son association au sacrifice rédempteur du Christ.

Saint Augustin attribuait déjà à la Vierge le titre de «coopératrice » de la Rédemption (cf. De Sancta Virginitate, 6; PL 40, 399), titre qui souligne l'action conjointe et subordonnée de Marie au Christ Rédempteur.

C'est dans ce sens que s'est développée la réflexion, en particulier à partir du XVème siècle. D'aucuns craignaient que l'on ne veuille élever Marie au même niveau que le Christ.

 

En réalité l'enseignement de l'Église souligne clairement la différence entre la Mère et le Fils dans l'œuvre du salut, en illustrant la subordination de la Vierge, en tant que coopératrice, à l'unique Rédempteur.

Du reste, en affirmant « nous sommes les coopérateurs de Dieu » (1 Co 1, 9), l'Apôtre Paul soutient la possibilité concrète pour l'homme de coopérer avec Dieu. La collaboration des croyants, qui exclut bien évidemment toute ressemblance avec Lui, s'exprime dans l'annonce de l'Evangile et dans la contribution personnelle à son enracinement dans le cœur des êtres humains.

 

Appliqué à Marie, le terme de « coopératrice » assume toutefois une signification particulière. La collaboration des chrétiens au salut se réalise après l'événement du Calvaire, dont ils s'engagent à diffuser les fruits à travers la prière et le sacrifice. En revanche, le concours de Marie s'est réalisé lors de l'événement même et au titre de mère ; il s'étend donc à la totalité de l'œuvre salvifique du Christ. Elle seule a été associée de cette façon à l'offrande rédemptrice qui a apporté le salut de tous les hommes. En union avec le Christ et soumise à Lui, Elle a collaboré pour obtenir la grâce du salut à l'humanité tout entière.


Le rôle particulier de coopératrice accompli par la Vierge a comme fondement sa maternité divine. En mettant au monde Celui qui était destiné à réaliser la rédemption de l'homme, en le nourrissant, en le présentant au temple, en souffrant avec Lui, lors de sa mort sur la Croix, elle « apporta à l'œuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareille » (Lumen gentium, n. 61). Même si l'appel de Dieu à collaborer à l'œuvre du salut concerne chaque être humain, la participation de la Mère du Sauveur à la Rédemption de l'humanité représente un fait unique et sans égal.

 

En dépit de la singularité de cette condition, Marie est elle aussi le destinataire du salut. Elle est la première à être l'objet de la rédemption, rachetée par le Christ « de la façon la plus sublime » dans sa conception immaculée (cf. Bulle Ineffabilis Deus, in Pio IX Acta I, 605) et comblée par la grâce de l'Esprit Saint.

 

Cette affirmation nous conduit maintenant à nous demander quelle est la signification de cette coopération singulière de Marie au plan du salut ?

Elle doit être recherchée dans une intention particulière de Dieu à l'égard de la Mère du Rédempteur qu'en deux occasions solennelles, c'est-à-dire à Cana et au pied de la Croix, Jésus appelle avec le titre de « Femme » (cf. Jn 2, 4 ; 19, 26).

En tant que femme, Marie est associée à l'œuvre salvifique.

Ayant créé l'homme «homme et femme» (cf. Gn 1, 27), le Seigneur voulut unir dans la Rédemption également, le Nouvel Adam et la Nouvelle Eve. Le couple des progéniteurs s'était engagé sur la voie du péché ; un nouveau couple, le Fils de Dieu avec la collaboration de la Mère, devait rétablir le genre humain dans sa dignité originelle.

Marie, nouvelle Eve, devient ainsi l'icône parfaite de l'Église.


Dans le dessein divin, elle représente au pied de la Croix l'humanité rachetée qui, ayant besoin du salut, devient capable d'offrir une contribution au développement de l'œuvre salvifique.

 


Jean Paul II,

Extrait de l'audience du 9 avril 1997

 

Maria singolare cooperatrice della Redenzione (Gv 19, 25-26)

1. Nel corso dei secoli la Chiesa ha riflettuto sulla cooperazione di Maria all'opera della salvezza, approfondendo l'analisi della sua associazione al sacrificio redentore di Cristo. Già sant'Agostino attribuisce alla Vergine la qualifica di "cooperatrice" della Redenzione (cfr Sant'Agostino, De Sancta Virginitate, 6; PL 40, 399), titolo che sottolinea l'azione congiunta e subordinata di Maria a Cristo Redentore.

In questo senso s'è sviluppata la riflessione, soprattutto a partire dal XV secolo. Qualcuno ha temuto che si volesse porre Maria sullo stesso piano di Cristo.

 

In realtà l'insegnamento della Chiesa sottolinea con chiarezza la differenza tra la Madre e il Figlio nell'opera della salvezza, illustrando la subordinazione della Vergine, in quanto cooperatrice, all'unico Redentore.

Del resto, l'apostolo Paolo, quando afferma: "Siamo collaboratori di Dio" (1 Cor 3, 9), sostiene l'effettiva possibilità per l'uomo di cooperare con Dio. La collaborazione dei credenti, che, ovviamente, esclude ogni uguaglianza con Lui, s'esprime nell'annuncio del Vangelo e nell'apporto personale al suo radicamento nel cuore degli esseri umani.

 

2. Applicato a Maria, il termine "cooperatrice" assume, però, un significato specifico. La collaborazione dei cristiani alla salvezza si attua dopo l'evento del Calvario, del quale essi si impegnano a diffondere i frutti mediante la preghiera e il sacrificio. Il concorso di Maria, invece, si è attuato durante l'evento stesso e a titolo di madre; si estende quindi alla totalità dell'opera salvifica di Cristo. Solamente Lei è stata associata in questo modo all'offerta redentrice che ha meritato la salvezza di tutti gli uomini. In unione con Cristo e sottomessa a Lui, Ella ha collaborato per ottenere la grazia della salvezza all'intera umanità.

 

Il particolare ruolo di cooperatrice svolto dalla Vergine ha come fondamento la sua divina maternità. Partorendo Colui che era destinato a realizzare la redenzione dell'uomo, nutrendolo, presentandolo al tempio, soffrendo con Lui morente in Croce "cooperò in modo tutto speciale all'opera del Salvatore" (Lumen Gentium, 61). Anche se la chiamata di Dio a collaborare all'opera della salvezza riguarda ogni essere umano, la partecipazione della Madre del Salvatore alla Redenzione dell'umanità rappresenta un fatto unico e irrepetibile.

Nonostante la singolarità di tale condizione, Maria è destinataria anch'essa della salvezza. Ella è la prima redenta, riscattata da Cristo "nella maniera più sublime" nel suo immacolato concepimento (cfr Pio IX, Bolla "Ineffabilis Deus", in Pio IX, Acta 1, 605) e colmata della grazia dello Spirito Santo.

 

3. Questa affermazione ci conduce ora a domandarci: qual è il significato di questa singolare cooperazione di Maria al piano della salvezza?

Esso va cercato in una particolare intenzione di Dio nei confronti della Madre del Redentore, che in due occasioni solenni, cioè a Cana e sotto la Croce, Gesù chiama col titolo di "Donna" (cfr Gv 2, 4; 19, 26).

Maria è associata in quanto donna all'opera salvifica.

Avendo creato l'uomo "maschio e femmina" (cfr Gn 1, 27), il Signore vuole affiancare, anche nella Redenzione, al Nuovo Adamo la Nuova Eva. La coppia dei progenitori aveva intrapreso la via del peccato; una nuova coppia, il Figlio di Dio con la collaborazione della Madre, avrebbe ristabilito il genere umano nella sua dignità originaria.

Maria, Nuova Eva, diviene così icona perfetta della Chiesa. Essa, nel disegno divino, rappresenta sotto la Croce l'umanità redenta che, bisognosa di salvezza, è resa capace di offrire un contributo allo sviluppo dell'opera salvifica.

 


Giovanni Paolo II,

Estratti dall'udienza del 9 aprile 1997