L'exemple vécu par S. Louis-Marie de Montfort

L'exemple vécu par S. Louis-Marie de Montfort

Dieu est Celui qui donne et se donne, dépouillé, agenouillé comme au Lavement des pieds, il ne nous endette pas mais il suscite une réponse, il attend une réponse sans considérer sa taille car l'amour de Dieu transfigure : l'offrande de Jacob est bien celle d'un « vermisseau » mais Dieu en fait un être fort qui se glorifie dans le Seigneur (Is 41.14-16).

 

La foi en un Dieu qui donne conduit saint Louis-Marie de Montfort à croire en la Providence, et à susciter dans ses missions une dynamique de don. Et cette dynamique forme chez les hommes la ressemblance divine.

 

Sa foi en la Providence est extraordinaire : à vingt ans, en 1692, il se dépouille de tout et marche allègrement sur la route qui le conduit à Paris. Et quand la bienfaitrice qui payait sa pension cesse de le faire, il s'attend d'être mis sur le pavé mais « n'en était ni moins recueilli, ni plus en souci »[1].

 

Montfort sait aussi recevoir les dons de telle sorte que cet échange puisse faire jaillir une alliance : il arrive à Poitiers et passe l'après midi à genoux dans la chapelle de l'hôpital, son vêtement est si usé que les pauvres de l'hôpital se cotisent pour lui, et Montfort répond « je remerciai mes frères et sœurs de leur bonne volonté. Ils m'ont pris depuis ce temps là en telle affection qu'ils disent tous publiquement que je serai leur prêtre. » (Lettre 6, 4 mars 1701).

 

[Montfort n'a pas voulu de revenus ecclésiastiques, il fait ses missions en demandant à chacun d'apporter quelque chose, il partage, nourrit 200 pauvres, et mange avec eux.] Le fait de vivre les missions à l'apostolique, en dépendance des peuples, provoque le don et fait grandir dans tous ceux qui donnent la ressemblance divine.

 


[1] BLAIN J.B., Abrégé de la vie de Louis-Marie Grignion de Montfort, (Documents et recherches, II) Rome 1973, p. 21


 

Françoise BREYNAERT

Extraits de :

F. BREYNAERT, L'arbre de vie, symbole central de la spiritualité de Saint Louis-Marie de Montfort, éditions Paroles et silence 2006, p. 166-167