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La vieillesse de Jean Paul II (par une myopathe)

Début avril, le pape Jean-Paul II nous quitte. Son départ m'atteint plus qu'a priori, je ne l'aurais imaginé. Avant d'être moi-même malade, il m'est arrivé de penser que l'Eglise serait mieux représentée par quelqu'un de jeune, dynamique tel qu'a pu l'être Jean-Paul II au moment de son élection. Au fur et à mesure de son vieillissement et de la progression de sa maladie de Parkinson, j'avais de plus en plus la perception d'un vieil homme qui aurait mieux fait de démissionner. Aujourd'hui, mon regard a changé : j'éprouve pour lui une admiration pour son courage.

 

Je suis surtout sensible au fait qu'il ait continué à assumer sa tâche en se laissant photographier, filmer alors qu'il était très diminué, dépendant et même plus que bégayant.

 

Il devait avoir une volonté de fer et une capacité à passer au-delà de l'idée que les autres pouvaient se faire, à partir de son image corporelle. Il faut se souvenir qu'il avait, dans sa jeunesse, été acteur de théâtre. Je suppose qu'il était convaincu que l'apparence n'est pas forcément le reflet de l'âme : il avait très probablement su passer au-dessus des normes de beauté de notre monde actuel. Lui qui était sportif et doué d'une intelligence brillante, a sûrement souffert de tout son être de se voir ainsi handicapé. Il a imposé au monde, sa volonté de dépasser les préjugés de ceux qui ne pouvaient ou ne voulaient voir que son aspect physique.

 

Les autres ont vu une « présence » qui s'est faite de plus en plus forte, au fur et à mesure qu'augmentait le poids de ses souffrances, jusqu'à la dernière heure. Assumant pleinement sa maladie, il était tout simplement resté lui-même dans sa force d'amour et de compassion pour le monde. Nombreux sont ceux qui, comme moi, ont été très impressionnés, au point d'être profondément touchés le soir de son décès. Il est devenu, pour beaucoup de personnes handicapées un modèle pour le chemin qu'il a fait dans l'acceptation de sa maladie. En ce qui me concerne, j'en suis encore bien loin, il me reste un bon bout de route à faire, et encore bien des événements à vivre !

 


Extrait du livre d'Anne-Marie Empis, « Sur un chemin que je n'ai pas choisi »

Bayard Service ?dition. A commander chez l'auteur : am.empis[taper-arobase]aliceadsl.fr