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Théologies féministes en rupture

Certains auteurs « féministes » provoquent une rupture, et un certain malaise :

 

J. Schaberg[1] préfère aux Evangiles la tradition juive et païenne selon laquelle Jésus n'a pas été conçu virginalement, mais que Marie a été violentée par un soldat romain du nom de Pandera.

 

L. Schottroff[2], sans remettre en question l'éventualité historique d'une violence expérimentée par Marie, comprend plutôt les légendes évangéliques comme le désir de raconter l'avènement miraculeux d'une grossesse sans père[3].

 

E. Schùssler Fiorenza :

- renverse bon nombre de théologies féministes en remettant radicalement en question « la féminité et l'essence féminine ou la différence de genre », qui pourraient n'être qu'un « système culturel imposé ».[4]

- renverse l'exégèse, qu'elle soit historico-critique ou typologique :

« Je suis convaincue que seule une stratégie théologique qui affronte les discours classiques sur Dieu avec une méthode de destructuration et de prolifération, de critique et d'amplifications symboliques, est en mesure d'élaborer un mode de libération, féministe, pour utiliser le langage, les symboles et les images mariales afin de parler du Divin. »[5]

... Mais alors il n'est pas facile de reconnaître, dans une telle proclamation d'intentions, les règles et les garanties respectées qui font la force de l'exégèse historique[6].

 

Vous trouverez en bas de cet article de quoi vous orienter dans ce site internet pour discuter de telles idées.

 


[1] J. Schaberg, The illegitimacy of Jesus : A feminist Theological Interpretation of the Infance Narratives, Sans Francisco, 1987 ; « Le matriarche e la madre di Gesù, » in Concilium, 25 (6/1989) ; p. 150-161.

[2] L. Schottroff, H. Schroer, M-T. Wacker (éd), Feministische Exegese. 1997, p. 175-248.

[3] Marinella Perroni, Marie dans la théologie féministe. dans : Aa Vv, Marie, l'Eglise et la théologie, dirigé par D. de Boissieu, P. Bordeyne, S. Maggioni, Desclée, Paris 2007, p. 305

[4] E. Schùssler Fiorenza, Apocalisse, Visione di un mondo giusto, "Biblioteca biblica" 16, Brescia 194, p. 244

[5] E. Schùssler Fiorenza, Apocalisse, Visione di un mondo giusto, "Biblioteca biblica" 16, Brescia 194, p. 246

[6] Marinella Perroni, Marie dans la théologie féministe. dans : Aa Vv, Marie, l'Eglise et la théologie, dirigé par D. de Boissieu, P. Bordeyne, S. Maggioni, Desclée, Paris 2007, p. 306

 

Françoise Breynaert