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Conception virginale = pour l'insémination artificielle ?

Si on se limite seulement à ne considérer que la dimension biologique ou virginale, la possibilité d'une conception virginale n'apparaît plus comme un miracle : en effet, aujourd'hui les techniques d'insémination artificielle permettraient à une femme de concevoir un enfant en restant vierge.

Elles pourraient être ainsi légitimés par le précédent très connu de la mère de Jésus[1].

On connaît l'avis du magistère ecclésial sur le recours à de telles techniques: elles sont refusées non seulement à cause des possibilités d'insuccès encore nombreuses malgré le perfectionnement continu des méthodes et qui causent le sacrifice d'un certain nombre d'embryons, mais surtout parce qu' "elles dissocient intégralement la procréation du contexte humain de l'acte conjugal." [2]

 

Une réflexion seulement biologique de la conception virginale, détaché par la considération de son sens, pousserait à justifier une telle dissociation, étant donné que Jésus n'est pas né d'un acte conjugal entre Marie et Joseph.

 

En réalité, l'absence de rencontre sexuelle entre les époux de Nazareth est réelle, mais elle a une motivation unique et qui ne peut pas être répétée : il ne s'agit pas, comme dans le cas du recours à l'insémination artificielle, de vouloir dépasser, avec le secours des techniques, l'obstacle, certes dramatique, de la stérilité, ou de vouloir satisfaire le désir (moins légitime! ) de programmer le patrimoine génétique du nouveau-né. Dans le cas du couple de Galilée les motifs qui déterminent cette "fécondation assistée" par l'Esprit dérivent de la volonté même de Dieu Père source de la moralité qui veut mettre un nouvel ordre dans la création : pas un nouvel ordre biologique, mais un nouvel ordre surnaturel, en instaurant le royaume de Dieu au milieu des hommes. La dissociation entre génération et rapport sexuel dans le cas de Marie et Joseph trouve son explication dans le fait qu'elle inaugure la nouvelle création des hommes et des femmes "qui n'ont pas été engendrés ni des sangs, ni du vouloir de la chair, ni à du vouloir de l'homme, mais de Dieu" (Jn1,13).

 

À la lumière du mystère de l'incarnation, la conception de chaque être humain, encore avant d'être le fruit de l'union de la chair et de l'amour d'un père et d'une mère, est toujours une conception par "l'opération de l'Esprit saint" d'une créature qui, en Jésus Christ, est avant tout le fils du Dieu le Père.

 


[1] Dans le débat public italien de février 1999, beaucoup ont utilisé cet argument.

[2] JEAN PAUL II, Evangelium vitae, n°14. (Enchiridion Vaticano 14, 2002) Cf. CONGREGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, Donum vitae. Instruction sur le respect de la vie humaine naissante et la dignité de la procréation. (22-2-1987). (Enchiridion Vaticano 10, 1150)

 


A.LANGELA, La maternità di Maria e la bioetica in L'Albero della vita, Biotecnologie tra fede e scienze, A cura di P. COLONNELLO - R. GALLINARO - P. GIUSTINIANI Facoltà teologica dell'Italia meridionale sezione S.Tommaso d'Aquino - Napoli 2002., p.234.