La virginité pendant l’enfantement

La virginité pendant l’enfantement

Au III° siècle, la virginité pendant l'enfantement, "virginitas in partu", est un sujet qui n'est pas clair pour tous.

Pour l'auteur du Protévangile et pour Clément d'Alexandrie, Marie serait restée physiquement vierge dans l'accouchement.

Pour d'autres, comme Tertullien, Marie aurait perdu la virginité physique.

Si le sujet est donc débattu et peu clair, c'est aussi à cause des gnostiques qui parfois soulignaient l'accouchement virginal comme étant une preuve de l'incarnation "seulement apparente" du Christ; et, aussi, à cause des disciples d'Apollinaire qui pouvaient trouver dans l'accouchement virginal un appui pour soutenir l'idée d'une humanité imparfaite du Christ.

 

Du IV° au VI° siècles, on trouve les opinions suivantes:

- Un accouchement normal (Athanase);

- Marie accoucha de manière naturelle mais sans lésions ni douleurs, puis, sous l'action de l'Esprit Saint, le sein maternel se referma (Ephrem et sa tradition) ;

- Marie accoucha virginalement ; de nombreux pères parlent du Christ qui s'ouvrit la voie miraculeusement;

- D'autres préfèrent rester dans un langage mystérique : l'accouchement est mystérieux (St Jean Chrysostome);

- "L'enfantement ne diminua pas mais il consacra la virginité de Marie" (St Léon le Grand), une expression reprise par le concile Vatican II [1] ;

- Quelques-uns uns restent indécis.

 

En conclusion, nous pouvons dire que les Pères des IV-VI° siècles virent autant dans la conception que dans l'enfantement du Christ un "événement prodigieux" opéré par Dieu.

Quelques-uns crurent que le Christ conserva ou rendit l'intégrité corporelle de sa mère mais qu'il naquit selon les lois de la nature.

Tous ceux qui parlent d'accouchement virginal eurent cependant toujours soin de préciser résolument qu'il s'agit d'un vrai accouchement humain même s'il est miraculeux.

 

Saint Ambroise a beaucoup contribué à cette importante mise au point de caractère théologique et doctrinal :

« Et demeura caché au prince de ce monde la virginité de Marie et son enfantement, comme aussi la mort du Seigneur: trois mystères éclatants, qui se réalisèrent dans le silence de Dieu. »[2]

 


[1] VATICAN II, Lumen gentium 57:

Avec ce texte de saint Léon le grand, le concile a montré qu'il voulait laisser aux théologiens la liberté de discuter sur le mode de la naissance, pourvu que l'intégrité virginale de Marie continue à être reconnue.

Cf. J. GALOT, Maria, la donna nell'opera della salvezza, Roma 1984,p. 161. Cf 157-175.

[2] IGNACE D'ANTIOCHE, Aux Ephésiens, 18-19.


A.Gila