Virginité durant l’enfantement et Résurrection (Jean Paul II)

Virginité durant l’enfantement et Résurrection (Jean Paul II)

Dans la réflexion adorante sur le mystère de l'Incarnation du Verbe, un lien particulièrement important a été repéré entre le début et la fin de la vie terrestre du Christ, c'est-à-dire entre sa conception virginale et sa résurrection d'entre les morts, deux vérités qui se rattachent étroitement à la foi en la divinité de Jésus.

Elles appartiennent au dépôt de la foi, elles sont professées par toute l'Église et énoncées explicitement dans les Symboles de la foi. L'histoire montre que les doutes ou les incertitudes sur l'une se répercute inévitablement sur l'autre, comme, au contraire, l'adhésion humble et forte à l'une d'elles favorise l'acceptation cordiale de l'autre.

 

Il est connu que quelques Pères de l'Église établissent un parallélisme significatif entre la génération de Christ ex intacta Virgine et sa résurrection ex intacto sepulcro. Dans le parallélisme, relativement à la génération de Christ, certains mettent l'accent sur la conception virginale, d'autres sur la naissance virginale, d'autres sur la virginité perpétuelle de la Mère, mais tous témoignent de la conviction qu'entre les deux événements salvateurs - la génération-naissance du Christ et sa résurrection d'entre les morts - il existe un rapport intrinsèque qui répond à un plan précis de Dieu : un lien que l'Église, guidée par l'Esprit, a découvert, mais n'a pas créé. (...)

 

À ce sujet, il est notable que quelques études, en scrutant le texte sacré avec les méthodes propres de l'exégèse scientifique, s'aperçoivent d'un rapport, inhérent dans le texte évangélique lui-même, entre les bandes de la crèche (Lc 2,7,12) et les bandes du sépulcre (Lc 23,53; 24,12). Les Saints Pères l'avaient déjà relevé.

L'Église d'autre part dans sa méditation théologique sur le mystère de Christ a parcouru souvent, pleine d'amour, le chemin qui mène du jardin du Calvaire à la crèche de Bethléem, et dans la liturgie le Noël, elle a toujours célébré en regardant vers Pâques, comme elle a célébré Pâques en mémoire de Noël : elle reconnaît en Marie le témoin exceptionnel de l'identité entre l'Enfant né de son sein virginal et le crucifié qui est rené ressuscité du sépulcre. »

 


Jean Paul II, Allocution à Capoue, 24 mai 1992, n°5,

in Actae Apostolicae 85, (1993, 2, p.665-666). Traduit de l'italien par F.Breynaert.