Archéologie et vénération de Marie, avant Nicée (325)

Archéologie et vénération de Marie, avant Nicée (325)

De l'époque précédant le concile de Nicée, l'archéologie a fait connaître ces traces de vénération pour Marie :

 

A) Les inscriptions à Nazareth, au lieu présumé où la Vierge reçut l'annonce de l'ange, témoignages émouvants de pèlerins allés au Nazareth pour vénérer la Vierge et se confier à sa protection. [1]

 

B) Les traces de piété mariale à Jérusalem sur la "tombe de Marie" [2].

 

C) L'épitaphe d'Abercio, évêque de Gérapolis en Frigie, daté entre 170 et le 200 [3] : « Que la foi me conduise en tout lieu et me prépare partout pour aliment le poisson de Source, très grand et pur, que la Vierge chaste prend et donne aux amis pour qu'ils se nourrissent toujours, en offrant un vin agréable qui s'offre mélangé (avec de l'eau) et avec du pain. »[4] L'expression la Vierge chaste semble traduire l'émerveillement et l'admiration devant la conception virginale de Marie, la mère de Jésus qui se donne encore et partout dans le sacrement de l'eucharistie et qui est symbolisé par le poisson.

 

D) Les différents épigraphes paléo-chrétiens à Rome dont l'un, en langage cryptographique, constitue une acclamation singulière à la victoire du Christ, de Marie et de saint Pierre.

 

E) Les inscriptions telles que le "Florenti vivas cum Maria in Cristo", qui attestent que à l'époque pré-nicéenne la Vierge était déjà considérée comme la protectrice des morts et leur médiatrice bienveillante auprès du Christ[5].

 

F) Dans les catacombes de Priscille à Rome

a. L'adoration des mages, dans l'arc central de la "chapelle grecque", dont la décoration remonte à la moitié du 3e siècle[6] ;

b. La Vierge à l'Enfant, peinture célèbre située dans la "crypte de la Sainte Vierge", c'est-à-dire en l'un des noyaux les plus anciens de la catacombe qui peut autour vers 200-210 [7];

c. L'Annonciation, dans une chambre funéraire remontant à la fin du 2e siècle.

 


[1][1] B. BAGATTI, Gli scavi di Nazaret, I. Dalle origini al secolo XII, Gerusalemme 1967 pp. 146-152; E. TESTA, Nazaret Giudeo-Cristiana, Gerusalemme 1969, passim.

[2] B.BAGATTI Nuove scoperte alla tomba della Vergine a Getsemani, in «Studi Biblici Francescani Liber Annuus», 22 (1972), pp. 236.290; ID., Ricerche sulle tradizioni della morte della Vergine, in «Sacra Doctrina», 18 (1973), pp. 185-214.

[3] B. EMMI, La testimonianza mariana dell'epitaffio di Abercio, in «Angelicum», 46 (1969) : pp. 232-302.

[4] P. TESTINI, Archeologia cristiana, Edipuglia, Bari, 1980, p. 425.

[5] M. GUARDUCCI Maria nelle epigrafi paleocristiane di Roma. In «Marianum», 25 (1963). pp. 248-261, soprattutto pp. 249-252;

[6] F. TOLOTTI, Il Cimitero di Priscilla. Studio di topografia e architettura, Città del Vaticano 1970, pp.258-275.

[7] P. TESTINI, Le catacombe e gli antichi cimiteri cristiani in Roma, Bologna 1966, p. 288.


F. Breynaert,

Cf. Ignazio CALABUIG, Il culto di Maria in occidente, In Pontificio Istituto Liturgico sant'Anselmo. Scientia Liturgica, sotto la direzione di A.J. CHUPUNGCO, vol V, Piemme 1998. p. 275-277