Vénérer Marie n’est pas l’adorer (Pères de l’Eglise)

Vénérer Marie n’est pas l’adorer (Pères de l’Eglise)

Le culte marial nous a été transmis par les Pères de l'Église qui l'ont forgé, mûri et vécu sous l'action éclairante de l'Esprit Saint. Marie a été vraiment pour les Pères de l'Eglise celle qui fait mieux comprendre Dieu et l'homme. Le culte marial est toujours porté vers Dieu et vers les frères, pour les Pères, si le culte marial devait sortir de ce schéma théologique, il n'aurait aucun sens et il tomberait dans l'idolâtrie.

Premier exemple typique: la réaction énergique des Pères du troisième siècle contre le montanisme. Selon cette secte, la bienheureuse Marie était considérée comme une déesse qui aurait engendré par l'opération d'une puissance céleste et qui aurait réalisé le transfert de l'esprit divin du Christ dans une créature humaine.

Un autre exemple typique: la réaction énergique d'Epiphane contre les Colliridiens,
des communautés féminines religieuses (présentes en Arabie et en d'autres régions de l'Asie centrale) au 4e siècle qui offraient à la Vierge sur un autel carré des fouaces de farine d'orge  (1). Epiphane se montre scandalisé de cette forme de culte qu'il sait être païen et il se plaint de la simplicité et de l'ignorance de ces femmes qui manifestaient une dévotion si profane et si peu discrète, car, dit Epiphane, Marie n'est pas une divinité et donc, quelque soit l'excellence de sa dignité et de ses vertus, on ne doit pas lui offrir de sacrifices qui sont seulement réservés à Dieu:

« Marie en effet n'est pas Dieu et elle n'a pas reçu un corps du ciel mais elle fut conçue d'un homme et d'une femme. Marie donc, bien qu'elle soit comme un vase honorable, elle est aussi toujours une femme, en rien différente de la nature commune de la femme. Aussi, que Marie soit honorée, tandis que le Père, le Fils et l'Esprit Saint doivent être adorés. Que personne ne se permette d'adorer Marie. » (2)

 


(1) En grec "colliris", d'où le nom de Colliridiens pour les membres de la secte.
(2) Epiphane de Salamine, Haereses 79,7 ; PG 42, p. 752


A. Gila