Le concile d'Ephèse et la définition de la Théotokos

Le concile d'Ephèse et la définition de la Théotokos

Au concile d'Ephèse (3e concile œcuménique de l'Eglise) qui s'est tenu du 22 juin à septembre 431, Marie a été reconnue Mère du Fils de Dieu, qui s'est incarné en son sein.

Cette proclamation s'est faite par l'approbation de la "lettre de Cyrille d'Alexandrie à Nestorius", lue et approuvée par les Pères du-dit Concile et dont voici le texte [1]:

 

Nous ne disons pas en effet que la nature du Verbe par suite  d'une transformation est devenue chair, ni non plus qu'elle a été changée en un homme complet, composé d'une âme et d'un corps, mais plutôt ceci : le Verbe, s'étant uni selon l'hypostase une chair animée d'une âme raisonnable, est devenu homme d'une manière indicible et incompréhensible et a reçu le titre de Fils d'homme, non par simple vouloir ou bon plaisir, ni non plus parce qu'il en aurait pris seulement le personnage; et nous disons que différentes sont les natures rassemblées en une véritable unité, et que des deux il est résulté un seul Christ et un seul Fils, non que la différence des natures ait été supprimée par l'union, mais plutôt parce que la divinité et l'humanité ont formé pour nous l'unique Seigneur Christ et Fils par leur ineffable et indiscible concours dans l'unité. [...]

 

Car ce n'est pas un homme ordinaire qui a d'abord été engendré de la sainte Vierge et sur lequel ensuite le Verbe serait descendu, mais c'est pour avoir été uni à son humanité dès le sein même qu'il est dit avoir subi la génération charnelle, en tant qu'il s'est approprié la génération de sa propre chair. [...]

 

C'est ainsi qu'ils [les saints pères] se sont enhardis à nommer la Sainte Vierge Mère de Dieu, non que la nature du Verbe ou sa divinité ait reçu le début de son existence à partir de la Sainte Vierge, mais parce qu'a été engendré d'elle son saint corps animé d'une âme raisonnable, corps auquel le Verbe s'est uni selon l'hypostase et pour cette raison est dit avoir été engendré selon la chair.

 

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[1] Voici un commentaire à propos de "Marie mère de Dieu dans l’Église orthodoxe " :

« Marie est inséparable de son Fils et toute sa gloire lui vient de sa maternité, reçue par Dieu par l’Esprit Saint - maternité à la fois physique et spirituelle. Et cette gloire se répand sur toute l’humanité dont la Mère de Dieu révèle la vocation suprême, et dans cette humanité elle se répand en particulier sur les femmes.

Dans ce sens, tout ce qui est dit à propos de la Mère de Dieu dans l’Église trouve son sens authentique uniquement en relation avec le mystère central du salut : Dieu avec nous, Emmanuel.

L’Église orthodoxe n’a pas cru nécessaire de formuler d’autres dogmes appliqués à la personne même de Marie pour expliciter le contenu de la proclamation d’Ephèse. En partant de cette donnée fondamentale, tout ce que croit l(Eglise orthodoxe à propos de Marie est énoncé dans le langage poétique et symbolique de la doxologie liturgique. »

Cf E. BEHR-SIGEL, Da « Irenikon » nn. 4 (1985) – 1 (1986) dans A. VICINI (ed), Ave Gioia di tutto il creato, la madre di Dio e il popolo russo ieri e oggi, Piero Gribaudi editore, Torino 1988, p. 30, traduction F. Breynaert.