Marie mère de l’Eglise (Jean Paul II)

Marie mère de l’Eglise (Jean Paul II)

Marie est Mère de l'Eglise parce que, en vertu de l'élection ineffable du Père éternel lui-même et sous l'action particulière de l'Esprit d'Amour, elle a donné la vie humaine au Fils de Dieu, «pour qui et par qui existent toutes choses», et dont le peuple de Dieu tout entier reçoit la grâce et la dignité de son élection.

Son propre Fils a voulu explicitement étendre la maternité de sa Mère - et l'étendre d'une manière facilement accessible à toutes les âmes et à tous les cœurs - en lui donnant du haut de la croix son disciple bien-aimé pour fils.

L'Esprit Saint lui suggéra de demeurer, elle aussi, au Cénacle après l'Ascension de Notre-Seigneur, recueillie dans la prière et dans l'attente avec les Apôtres jusqu'au jour de la Pentecôte, jour où l'Eglise, sortant de l'obscurité, devait naître visiblement.

 

Et depuis, toutes les générations des disciples et de tous ceux qui rendent témoignage au Christ et qui l'aiment, comme l'apôtre Jean, accueillirent spirituellement dans leurs maisons cette Mère qui se trouve ainsi depuis le commencement, c'est-à-dire depuis le moment de l'Annonciation, insérée dans l'histoire du salut et dans la mission de l'Eglise.

C'est pourquoi nous tous qui formons la génération actuelle des disciples du Christ, nous désirons nous unir à Elle d'une manière particulière. Nous le faisons avec tout notre attachement à la tradition ancienne et, en même temps, avec beaucoup de respect et d'amour pour les membres de toutes les communautés chrétiennes. [...]

 

Grâce à sa présence maternelle, l'Eglise acquiert la certitude qu'elle vit vraiment de la vie de son Maître et Seigneur, qu'elle vit le mystère de la Rédemption dans toute sa profondeur et sa plénitude vivifiante. C'est également la même Eglise qui, enracinée dans des secteurs nombreux et variés de la vie de toute l'humanité contemporaine, acquiert aussi la certitude et on dirait même l'expérience qu'elle est proche de l'homme, de chaque homme, qu'elle est son Eglise, l'Eglise du peuple de Dieu. [...]

 

Je supplie surtout Marie, Mère céleste de l'Eglise, qu'elle daigne persévérer avec nous dans cette prière du nouvel Avent de l'humanité, afin que nous formions l'Eglise, le Corps mystique de son Fils unique. J'espère que, grâce à cette prière, nous serons capables de recevoir l'Esprit Saint qui descend sur nous et de devenir ainsi témoins du Christ «jusqu'aux extrémités de la terre», comme ceux qui sortirent du Cénacle de Jérusalem au jour de la Pentecôte.

 


Jean Paul II, Lettre encyclique Redemptor hominis, § 22.