Vierge et Mère, modèle de l’Eglise (Jean Paul II)

Vierge et Mère, modèle de l’Eglise (Jean Paul II)

 

L'Eglise devient une Mère grâce à la parole de Dieu qu'elle reçoit avec fidélité.

Comme Marie qui a cru la première, accueillant la parole de Dieu qui lui était révélée à l'Annonciation et lui restant fidèle en toutes ses épreuves jusqu'à la Croix, ainsi l'Eglise devient Mère lorsque, accueillant avec fidélité la parole de Dieu, par la prédication et par le baptême, elle engendre, à une vie nouvelle et immortelle, des fils conçus du Saint-Esprit et nés de Dieu.

 

Ce caractère «maternel» de l'Eglise a été exprimé d'une manière particulièrement vivante par l'Apôtre des Nations, quand il écrivait:

«Mes petits enfants, vous que j'enfante à nouveau dans la douleur jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous.»

(Ga 4, 19)

 

Ces paroles de saint Paul contiennent un indice intéressant de la conscience qu'avait l'Eglise primitive, en fonction de son service apostolique parmi les hommes, d'être mère.

Une telle conscience permettait et permet encore à l'Eglise d'envisager le mystère de sa vie et de sa mission selon l'exemple de la Mère du Fils qui est «l'aîné d'une multitude de frères» (Rm 8, 29).


On peut dire que l'Eglise apprend de Marie ce qu'est sa propre maternité: elle reconnaît la dimension maternelle de sa vocation, liée essentiellement à sa nature sacramentelle, «en contemplant la sainteté mystérieuse de la Vierge et en imitant sa charité, en accomplissant fidèlement la volonté du Père» (Lumen Gentium 64).

 

Si l'Eglise est le signe et le moyen de l'union intime avec Dieu, elle l'est en raison de sa maternité, parce que, vivifiée par l'Esprit, elle «engendre» des fils et des filles de la famille humaine à une vie nouvelle dans le Christ.

Car, de même que Marie est au service du mystère de l'Incarnation, de même l'Eglise demeure au service du mystère de l'adoption filiale par la grâce.


En même temps, à l'exemple de Marie, l'Eglise reste la vierge fidèle à son époux:

«Elle aussi est vierge, ayant donné à son Epoux sa foi, qu'elle garde intègre et pure» (Lumen Gentium 64).

L'Eglise est en effet l'épouse du Christ, comme il apparaît dans les Lettres de Paul (cf. Ep 5, 21-33; 2 Co 11, 2) et dans le nom que Jean lui donne: «l'Epouse de l'Agneau» (Ap 21, 9).

Si l'Eglise, comme épouse, «garde la foi donnée au Christ», cette fidélité, tout en étant devenue l'image du mariage dans l'enseignement de l'Apôtre (cf. Ep 5, 23-33), possède aussi une autre valeur: c'est l'exemple même de la donation totale à Dieu dans le célibat «à cause du Royaume des cieux», c'est-à-dire de la virginité consacrée à Dieu (cf. Mt 19, 11-12; 2 Co 11, 2).

 

Et précisément cette virginité, à l'exemple de la Vierge de Nazareth, est la source d'une fécondité spirituelle spéciale: c'est la source de la maternité dans l'Esprit Saint.

Mais l'Eglise garde aussi la foi reçue du Christ: à l'exemple de Marie, qui gardait et méditait en son cœur (cf. Lc 2, 19. 51) tout ce qui concernait son divin Fils, elle s'efforce de garder la Parole de Dieu, d'en approfondir les richesses avec discernement et prudence pour en donner en tout temps un fidèle témoignage à tous les hommes.

 

 


 

Pape Jean Paul II,

Lettre encyclique Redemptoris Mater, 25 mars 1987, n°43