La grandeur et la beauté du ministère sacerdotal

La grandeur et la beauté du ministère sacerdotal

Le sacerdoce est un « sacrement », Dieu se confie à des êtres humains.

Le prêtre n'est pas simplement le détenteur d'une charge, comme celles dont toute société a besoin afin qu'en son sein certaines fonctions puissent être remplies.

Il fait en revanche quelque chose qu'aucun être humain ne peut faire de lui-même :

- il prononce au nom du Christ la parole de l'absolution de nos péchés et il transforme ainsi, à partir de Dieu, la situation de notre existence.

- Il prononce sur les offrandes du pain et du vin les paroles d'action de grâce du Christ qui sont paroles de transsubstantiation - des paroles qui le rendent présent, Lui, le Ressuscité, son Corps et son Sang, et transforment ainsi les éléments du monde : des paroles qui ouvrent le monde à Dieu et l'unissent à Lui.

 

Le sacerdoce n'est donc pas seulement une « charge », mais un sacrement : Dieu se sert d'un pauvre homme pour être, à travers lui, présent pour les hommes et agir en leur faveur.

Cette audace de Dieu qui se confie à des êtres humains et qui, tout en connaissant nos faiblesses, considère les hommes capables d'agir et d'être présents à sa place - cette audace de Dieu est la réalité vraiment grande qui se cache dans le mot « sacerdoce ».

[...]

 

« J'irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles » (Ez 34, 11).

« J'irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles » (Ez 34, 11).

Dieu prend personnellement soin de moi, de nous, de l'humanité.

Je ne suis pas laissé seul, perdu dans l'univers et dans une société devant laquelle on demeure toujours plus désorientés.

Il prend soin de moi. Il n'est pas un Dieu lointain, pour lequel ma vie compterait très peu.

 

Les religions du monde, d'après ce que l'on peut voir, ont toujours su que, en dernière analyse, il y a un seul Dieu. Mais un tel Dieu demeurait lointain. Apparemment celui-ci abandonnait le monde à d'autres puissances et à d'autres forces, à d'autres divinités. De cela, il fallait s'accommoder. Le Dieu unique était bon, mais lointain cependant. Il ne constituait pas un danger, mais il n'offrait pas davantage une aide. Il n'était donc pas nécessaire de se préoccuper de lui. Il ne dominait pas.

 

Étrangement, cette pensée est réapparue avec les Lumières. On comprenait encore que le monde supposait un Créateur. Cependant, ce Dieu avait construit le monde et s'en était ensuite évidemment retiré. À présent, le monde avait un ensemble de lois suivant lesquelles il se développait et sur lequel Dieu n'intervenait pas, ni ne pouvait intervenir. Dieu ne constituait qu'une origine lointaine. Beaucoup peut-être ne désiraient pas non plus que Dieu prenne soin d'eux. Ils ne voulaient pas être dérangés par Dieu.

 

Mais là où la tendresse et l'amour de Dieu sont perçus comme une gêne, là l'être humain est faussé. Il est beau et consolant de savoir qu'il y a une personne qui m'aime et qui prend soin de moi. Mais il est encore plus décisif qu'existe ce Dieu qui me connaît, qui m'aime et se préoccupe de moi.

« Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » (Jn 10, 14),

dit l'Église avant l'Évangile (de ce jour) avec une parole du Seigneur. Dieu me connaît, il se préoccupe de moi. Cette pensée devrait nous rendre véritablement joyeux. Laissons cela pénétrer profondément en nous.

Alors nous comprendrons aussi ce qu'elle signifie : Dieu veut que nous, en tant que prêtres, en un petit point de l'histoire, nous partagions ses préoccupations pour les hommes. [...]

 


Extrait de l'homélie de Benoît XVI du 11 juin 2010,

pour la clôture de l'année sacerdotale, 150 ans après la mort du saint Curé d'Ars.