La sainteté de l’Immaculée, Vue générale

La sainteté de l’Immaculée, Vue générale

Avec la Bible

La sainteté de Marie est décrite dans l’Evangile : l’ange salue Marie « pleine grâce », littéralement « rendue pleine de grâce » (Kékharitoménè) (Lc 1, 28).

Et l’Evangile de saint Jean, en appelant Marie « Femme » et en la présentant debout auprès de Jésus pendant la passion qui commence et finit dans un jardin, cet évangile a suggéré que Marie est la nouvelle Eve, immaculée.

L'Ancien Testament annonçait une restauration profonde et intérieure. Dieu répandra une eau pure... Dieu recréera... L'Immaculée est la réussite de l’histoire d’alliance, le signe de la fidélité de Dieu.

 

Des équilibres importants

Equilibre du rapport entre Marie et nous

Il y a quelque chose d’unique en Marie, elle est « rendue pleine de grâce » en vue de sa maternité divine, et il n’y a qu’une mère du Fils de Dieu.

Ceci dit, la grâce de l’Immaculée nous concerne tous. En Marie a lieu le commencement de la Rédemption. L’Immaculée est un don du Très Haut pour chacun de nous. Et nous sommes tous appelés à nous lier à Marie pour vivre nous aussi « saints et immaculés » dans la présence de Dieu (Eph 1). C’est cet aspect doctrinal que le concile Vatican II a remis en valeur, et après le concile, Jean Paul II, Benoît XVI…

 

Tenir ensemble le don de Dieu et notre réponse à ce don

Nous devons tenir ensemble la grâce et la réponse à la grâce : Marie a reçu la grâce et elle y a été fidèle. Etre l’Immaculée n’est pas un simple privilège, c’est vraiment une sainteté personnelle. (Palamas ou Cabasilas l’ont souligné, et les accords œcuméniques ont précisé le jeu de la responsabilité humaine.)

 

Situer la réflexion dans l’histoire du dogme de l’Immaculée :

1 - Les pères de l’Eglise ont d’abord admis que Marie était immaculée au moment de devenir la Mère du Fils de Dieu. Théotecnos de Livias (Palestine VI° siècle) est le premier à considérer qu’elle était pétrie de l’Esprit Saint depuis sa naissance, et l’on parle ensuite d’une nouvelle création qui aura des conséquences pour le monde entier, c’est bien le commencement de la rédemption.

 

2- Longtemps, on n’osait pas dire que Marie était exempte du péché originel parce qu’on ne savait pas alors exprimer aussi que Jésus était son Rédempteur. Il faudra attendre Duns Scot († 1308) pour unir ces deux réalités et comprendre qu’elles ne s’excluent pas, au contraire.

 

3- Luther considérait volontiers l’Immaculée conception, mais il n’admettait pas la fête liturgique qu’il jugeait inutile, déplacée. Par la suite, de nombreux auteurs issus de la réforme ont attaqué la sainteté de Marie. Ensuite, une certaine incompréhension entre catholiques et protestants s’est installée autour du thème de la grâce et de la responsabilité humaine, actuellement des accords ont été trouvés.

 

4-Le mot « conception » n'est pas facile. A la suite du philosophe grec Aristote, saint Thomas (et avec lui Luther et bien d'autres) pensent que la conception se fait en deux temps, avec une ‘infusion de l'âme' au bout d'un certain temps. Mais saint Grégoire de Nysse, au 4° siècle, comprit pour des motifs théologique (l'unicité de l'acte Créateur de Dieu, l'union de l'âme et du corps, etc.) que la conception était le couronnement de l'acte conjugal humain par l'acte divin créateur d'un être humain complet - corps et âme. Et avec Grégoire de Nysse, les orthodoxes.

 

N.B. Attention à ne pas confondre la doctrine de l’Immaculée conception avec ce qui concerne la virginité de Marie ou la virginité de ses parents. Ce sont des réflexions très différentes.

 

5- Les Orientaux ont une autre façon de présenter le péché originel, à cause de cela, ils ne sont pas très à l’aise dans la manière romaine de parler de l’Immaculée conception.

 

Les principales pistes de recherche théologiques actuelles :

La théologie post-conciliaire a développé le fait que Marie est la fille de Sion, le reste saint d’Israël. L’Immaculée conception apparaît alors comme l’accomplissement du projet créateur et la réussite de l’histoire d’alliance. Cette approche très biblique simplifie considérablement les raisonnements et rend la doctrine vivante.

 


F. Breynaert