Le magistère de 1854 à nos jours et la conception immaculée de Marie Chapitre : Le magistère de 1854 à nos jours et la conception immaculée de Marie

Le magistère de 1854 à nos jours et la conception immaculée de Marie

Lors du symposium international de mariologie à Rome 2003, Michele Giulio MASCIARELLI, (Pontificia facoltà di teologia « Marianum ») a enseigné sur le thème : Le développement de la doctrine sur la conception immaculée de Marie dans le magistère, de 1854 à notre temps :

 

Pie IX, dans la bulle Ineffabilis Deus (1854), présente Marie dans une perspective personnaliste, dans un contexte trinitaire, et dans la perspective de lutte contre l'ennemi du genre humain : Marie participe à la victoire sur le démon (qui, blessé à mort peut encore faire sentir son effet néfaste). Pie IX avait aussi une intention apologétique : au dogme de l'Immaculée est lié le dogme du péché originel qui constitue une barrière à une vision de l'homme qui serait euphorique (l'homme a besoin d'être sauvé) ou auto-référentielle (l'homme se sauve par lui-même). Le dogme fait donc grandir l'humilité de la foi.

 

Pie X, dans l'encyclique Ad diem illum laetissimum (1904) situe le dogme de l'Immaculée dans l'histoire du salut : ce dogme a réveillé la foi, et favorisé une nouvelle prise de conscience que nous sommes tous appelés à être « sans tâche ». Tel est le radicalisme chrétien. Le Christ est la cause de tout, en lui nous devenons fils de Dieu, mais Marie est « la cause formelle » c'est-à-dire que nous devons être saints comme Marie est sainte.

 

Pie XII, dans l'encyclique Fulgens corona (1953) voit en Marie celle qui n'a jamais été esclave de Satan. La mission maternelle de Marie postule la grâce et la sainteté. L'Immaculée est belle, et le dogme ouvre à la théologie « la voie de la beauté » (via pulchritudinis).

 

Le concile Vatican II (Lumen Gentium) souligne que Marie appartient à la famille humaine pécheresse mais cela d'une manière pure, immaculée. Elle n'est pas séparée mais elle est insérée d'une manière dynamique dans l'histoire humaine qui chemine vers son accomplissement. En outre, le Oui de Marie vient après le Oui du Père sur elle : le christianisme est une surprise de Dieu. L'Immaculée a été élue par Dieu avant la création du monde (cf. Eph 1).

 

Paul VI aborde le sujet dans son Credo (Sollemnis professio fidei n°14-15) pour souligner la place dynamique de Marie, et dans l'exhortation apostolique Marialis Cultus pour montrer que le dogme de l'Immaculée ouvre un avenir de grâce et de mission.

 

A un autre niveau, la conférence épiscopale de Puebla a repris le thème en des termes approuvés par Jean Paul II.

 

Pour conclure, l'Immaculée est pour nous un miroir devant lequel notre médiocrité apparaît telle qu'elle est. Simultanément, l'Immaculée est une prophétie vivante du monde tel que Dieu l'a voulu, pour la filiation et la divinisation, et la théologie du salut doit toujours aller jusque là.

 

Le débat a précisé l'apport de Jean Paul II dans l'encyclique Redemptoris Mater (commentaire d'Ephésiens 1) et dans ses cinq catéchèses sur l'Immaculée (avec l'intéressante perspective de la voie de la beauté). La mission de Marie fut décrite finalement comme une participation au dynamisme des missions des personnes divines.

 

 


F. Breynaert

Extrait de Françoise BREYNAERT, Cronaca del XIV simposio internazionale di mariologia, Pontificia facoltà teologica Marianum, Roma 7-10 ottobre 2003, In "Miles Immaculatae," Anno XXXIX fasc II, 2003, pp. 560-577, p. 560-561.

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