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Marie, fille de Sion immaculée, reste saint d’Israël

L'expression « reste saint » signifie que la parole de Dieu porte vraiment du fruit :

Affirmer un reste saint, une racine sainte serait insensé si l'ancienne Alliance ne devait conduire qu'à la déchéance et au péché. Il y aurait alors seulement un nouveau commencement. L'expression « reste saint » signifie que la parole de Dieu porte vraiment du fruit, que Dieu n'est pas l'unique acteur de l'histoire mais qu'il trouve une réponse qui est véritablement une réponse.

 

Dit autrement, ce nouvel Israël, qui est en même temps le véritable ancien Israël, indestructible, le reste demeuré saint par grâce Dieu, n'est pas seulement une idée mais une personne.

 

Marie est le reste saint d'Israël en personne, et l'Eglise en personne :

Cette identification typologique de Marie avec le reste saint d'Israël ne se trouve pas moins dans le faisceau de la théologie biblique, que l'interprétation systématique du type Adam-Christ ne se trouve dans l'enseignement sur le péché originel*.

Elle est en fait pleinement donnée dans le Nouveau Testament lorsque Luc met au même rang la vraie fille de Sion et la Vierge à l'écoute et croyante.

 

L'enseignement sur l'Immaculée est finalement l'expression de la certitude de foi que la sainte Eglise existe vraiment comme personne et en personne. Il est en ce sens l'expression de la certitude de l'Église sur le salut. Il sait que l'Alliance de Dieu en Israël n'a pas échoué mais qu'elle est devenue un rejeton qui dans son épanouissement a donné le Sauveur.

 

Par conséquent l'enseignement sur l'Immaculée atteste que la grâce de Dieu est suffisamment puissante pour susciter une réponse.

 


*NDLR : l'auteur avait ailleurs présenté les écrits de saint Paul sur le Christ nouvel Adam :

« 13 car jusqu'à la Loi il y avait du péché dans le monde, mais le péché n'est pas imputé quand il n'y a pas de loi; 14 cependant la mort a régné d'Adam à Moïse même sur ceux qui n'avaient point péché d'une transgression semblable à celle d'Adam, figure de celui qui devait venir... [...]17 Si, en effet, par la faute d'un seul, la mort a régné du fait de ce seul homme, combien plus ceux qui reçoivent avec profusion la grâce et le don de la justice régneront-ils dans la vie par le seul Jésus Christ. 18 Ainsi donc, comme la faute d'un seul a entraîné sur tous les hommes une condamnation, de même l'œuvre de justice d'un seul procure à tous une justification qui donne la vie. »

(Romains 5, 13-14 et 17-18)

 

et sur l'Eglise nouvelle Eve, et, sur Marie, qui, selon l'auteur, est "l'Eglise en personne" :

« Le Christ a aimé l'Eglise: il s'est livré pour elle,
afin de la sanctifier en la purifiant
par le bain d'eau qu'une parole accompagne ;
car il voulait se la présenter à lui-même
toute resplendissante,
sans tache ni ride ni rien de tel,
mais sainte et immaculée. »

(Eph 5, 25-27)


Extraits de :

Card. J. Ratzinger (Pape Benoît XVI) La fille de Sion,

édition Parole et Silence 2002, p.73-79

(Synthèse F. Breynaert)