Qui est Marie pour la Trinité ?Chapitre : qui est Marie pour la Trinité ?

Qui est Marie pour la Trinité ?

 

Mère du Fils.

Mère du Christ, Marie se situe dans le mystère du Christ qui est le Fils envoyé par le Père pour faire de nous des fils adoptifs (Ga 4, 4-5. Vatican II, LG 52[1]).

 

Fille de prédilection du Père très miséricordieux ; mère de miséricorde.

« En évoquant les très belles expressions de la Lettre aux Ephésiens : "Dieu, riche en miséricorde, par le grand amour avec lequel il nous a aimé, alors que nous étions morts à cause de nos péchés, il nous a fait revivre dans le Christ." (Eph 2, 4), le Concile attribue à Dieu le titre "Très miséricordieux" (LG 56) : le "Fils né d'une femme" (Ga 4,4), apparaît, ainsi, comme le fruit de la miséricorde du Père, ce qui nous fait mieux comprendre comment cette femme est "mère de miséricorde" »[2].

 

Temple de l'Esprit, épouse de l'Esprit.

« Tout chrétien est "Temple de l'Esprit Saint", selon l'expression de l'apôtre Paul (1Co 6, 19). Mais cette affirmation prend chez Marie une signification exceptionnelle : chez elle, en effet, la relation avec l'Esprit Saint s'enrichit de la dimension sponsale. Je l'ai rappelé dans mon Encyclique Redemptoris Mater : "L'Esprit Saint est déjà descendu sur elle, qui est devenue sa fidèle Épouse lors de l'Annonciation, quand elle accueillit le Verbe du vrai Dieu... "[3] »[4].

 

L'immense dignité de Marie, et son rôle pour notre salut.

« Elle reçoit* cette immense charge et dignité d'être la Mère du Fils de Dieu,

et par conséquent, la fille de prédilection du Père et le sanctuaire du Saint-Esprit,

don d'une grâce exceptionnelle qui la met bien loin au-dessus de toutes les créatures dans le ciel et sur la terre. » (Vatican II, LG 53)

*en latin : "ditatur" = "elle est enrichie de".

 

« Et pourtant, cette dignité très haute n'empêche pas que Marie soit solidaire avec chacun de nous. La constitution dogmatique continue ensuite : "Mais elle se trouve aussi, comme descendante d'Adam, réunie à l'ensemble de l'humanité qui a besoin de salut" et "elle a été rachetée de façon éminente en considération des mérites de son Fils." (LG 53)

Emerge ici la signification authentique des privilèges de Marie et de ses rapports exceptionnels avec la Trinité : ces rapports ont le but de la rendre prête à coopérer au salut du genre humain. »[5]

 

Marie a vécu un pèlerinage de la foi vers la Trinité.

Le concile évoque le « pèlerinage de la foi de Marie » (LG 58) : autrement dit, Marie, dont les relations trinitaires ont commencé à l'Annonciation (LG 56),  a pourtant cheminé vers la connaissance des personnes divines de la Trinité. Et ce chemin est passé par la croix. Suivre Jésus sur le Chemin de Croix, c'est s'approcher de Jésus, c'est monter vers le Père, c'est vivre de la force de l'Esprit...

Au calvaire, se révèle en effet d'une manière très particulière l'ineffable mystère trinitaire : le Fils demande au Père de pardonner aux hommes qui ne savent ce qu'ils font (Lc 23, 33), et l'Esprit Saint est donné (Jn 19, 30).

La mère de Jésus reçoit en cette heure un accroissement de sa connaissance et de son amour pour la Trinité.

 

Marie a vécu dans des gestes simples son amour ineffable de la Trinité.

« L'amour secret de Marie pour la Trinité sainte, pour le Père, le Fils et l'Esprit Saint avec toutes ses modulations les plus exquises demeurera toujours un mystère caché pour nous. [...] L'amour divin, surnaturel de la Vierge a été en même temps le plus humain, le plus tendre, le plus concret qui puisse exister. Il s'est incarné et s'est développé à travers les gestes plus simples, les plus quotidiens. »[6]

 

Dimension trinitaire et dimension sociale.

Alors que la solitude est une pauvreté, les relations interpersonnelles sont un enrichissement. La religion chrétienne est une religion trinitaire, relationnelle ; elle lutte contre l'exclusion ; elle crée du lien.

Marie, qui est en relation avec la Trinité, d'une manière simple, lumineuse, nous conduit tout naturellement à la doctrine sociale de l'Eglise et stimule le progrès authentique et la dynamique du don[7].

 


[1] LG : Vatican II, Constitution dogmatique Lumen gentium.

[2] Jean Paul II, audience générale du 10 janvier 1996

[3] Jean Paul II, Redemptoris Mater 26

[4] Jean Paul II, audience générale du 10 janvier 1996

[5] Jean Paul II, audience générale du 10 janvier 1996

[6] Fr. Philippe de Jésus-Marie, o.c.d., Le secret du Carmel, le scapulaire et la vie mariale, Editions du Carmel, Toulouse 2010, p. 94

[7] Benoît XVI, Lettre encyclique Caritas in veritate, en particulier § 53. 54. 79

 

Françoise Breynaert