S. Botticelli, La Madone du Magnificat, 1481Le Magnificat (Ecriture Sainte et commentaires)

S. Botticelli, La Madone du Magnificat, 1481

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La Madone du Magnificat est un tableau « en tondo » (c'est-à-dire un tableau rond) de Sandro Botticelli, datant de 1481, pour la famille Médicis, et conservé à la Galerie des Offices de Florence.

 

Description.

Le tableau représente la Vierge et l'Enfant entourée de cinq anges. L'Enfant Jésus guide la main de sa mère tenant une plume pour écrire les derniers mots du Magnificat. De leurs autres mains, Marie et Jésus enfant tiennent une grenade, rouge, symbole de la Passion. Les anges les entourent.

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La composition dans le contexte de l'Evangile.

A l'Annonciation, la Vierge Marie a répondu à l'ange : « voici la servante du Seigneur qu'il me soit fait selon ta parole ». Elle a fait offrande d'elle-même avec le vif désir qu'advienne l'Incarnation annoncée par l'ange. Juste après, elle se rend chez sa parente Elisabeth, enceinte de Jean le Baptiste et qui reconnaît en elle « la mère de mon sauveur ». Et la Vierge Marie entonne alors le chant du Magnificat, inspiré par l'Esprit Saint, l'Esprit de Jésus qu'elle porte en son sein.

Le Oui de Marie et son Magnificat s'accomplit encore à l'heure du mystère pascal : la mère de Jésus y donne son consentement au pied de la croix, Jésus, d'une parole créatrice, la désigne comme mère du disciple (Jn 19, 25-27), et tout est accompli (Jn 19, 30). C'est pourquoi le peintre fait tenir à Marie et Jésus une grenade rouge, symbole de la Passion.  Oui, l'amour du sauveur en croix vaut bien un Magnificat : car au delà du mal et de la mort, désormais « sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent » (parole centrale du Magnificat).

 

La composition dans le contexte de la ville de Florence.

Ce tondo comporte beaucoup d'or dans les chevelures, les ornementations des tissus, la couronne : les commanditaires du tableau sont riches.

Botticelli aurait représenté les membres de la famille de Pierre de Médicis : Lucrezia Tornabuoni en Marie ; le jeune avec l'encrier tenant le livre, Laurent le Magnifique ; à côté de lui, son frère Julien de Médicis derrière le livre ; derrière les garçons, Marie de Médicis, et ses deux sœurs soutenant la couronne au second plan, Blanche de Médicis à gauche et Nannina de Médicis à droite ; l'enfant en langes serait la fille de Laurent, Lucrèce de Médicis.

Le fait de prendre pour modèle les princes de l'époque souligne la grande distance avec l'art chrétien du premier millénaire, quand les icônes se copiaient les unes les autres, cherchant à remonter au premier modèle, vrai, par l'intermédiaire des icônes attribuées à saint Luc, ou même, non faites de main d'homme.

Botticelli s'est lié d'amitié avec les néo-platoniciens et cherche à représenter la beauté dont leur philosophie fait la théorie, toute humaine.

Moins de vingt ans après (1497), à Florence même, Savonarole cherchera à réformer l'Eglise...

 


Sources :

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Madone_(Botticelli)

http://Mariedenazareth.com (Commentaires d'Ecriture et doctrine)

Synthèse : F. Breynaert

 

 

Le Magnificat (Ecriture Sainte et commentaires)