Les icônes byzantines (IX°-XVI° siècle)La prière hésychaste

Les icônes byzantines (IX°-XVI° siècle)

Après la crise iconoclaste (730-787 et 813-843), des canons artistiques sont établis et l'art des icônes se développe de manière harmonieuse.

 

La « Renaissance macédonienne » (867-1056) voit les mosaïques couvrir les murs de l'église sainte Sophie de Constantinople, ou de Thessalonique. Syméon le théologien († 1022) inspire un art très intérieur, inspiré de l'ascèse hésychaste.

 

A l'époque des Comnènes (1059-1204), les murs s'ornent d'icônes monumentales, en mosaïques, avec des traits fins et délicats. Par exemple, la Vierge hodighitria au monastère Chilandar du mont Athos. Mais la majorité des icônes est réalisée à la détrempe.

 

Autour de l'an 1200

Autour de l'an 1200, plusieurs styles voient le jour.

Advient un style dynamique ou maniériste, par exemple la Nativité du Christ est représentée avec une dizaine de scènes autonomes, les personnages sont en mouvement et leur expression est tourmentée.

 

Advient aussi un renouveau du style classique

Après le sac de Constantinople en l'an 1204, l'ancienne culture byzantine est défendue comme le symbole de l'héritage national : les visages des icônes reprennent une expression calme, irradiant la lumière divine.

Exemple : la Vierge Hodighitria du mont Sinaï (XII°s), (voir : cliquez)

 

Il y a une émigration des maîtres

L'émigration des maîtres grecs, qui avaient fui la capitale, suscita l'essor des écoles nationales, surtout dans les Balkans.

Exemple : La Theotokos avec le Christ, vers 1350. Monastère de Decani (Serbie). 164.5 x 56 c (voir : cliquez)

 

S'exprime aussi un certain pathos...

Après la reconquête de la capitale par Michel VIII Paléologue (1261) Constantinople fut rétablie dans son rôle de capitale artistique. Mais la reproduction des modèles anciens est souvent réalisée avec emphase, pathos, ou affectation.

Par exemple :

- saint Matthieu dans un style affecté (Ohrid)

- la crucifixion représentée avec un certain pathos (Ohrid), (voir cliquez).

 

Les icônes des croisés se distinguent par leur fraîcheur et leur naïveté

Les croisés créent eux aussi leurs ateliers.

Leurs œuvres semblent inspirées par le désir d'imiter le plus fidèlement possible les codes byzantins, mais ne paraissent guère comprendre les conceptions qui les inspirent. Ainsi, l'art des croisés semblent préoccupé de mettre en scène les émotions, voir les passions.

 

L'art des Paléologues

Au XIV° siècle, l'art des Paléologues connaît un extraordinaire essor qui contraste avec le déclin politique et économique de Byzance.

Par exemple, les icônes de procession « la Vierge salvatrice des âmes » (avec l'Annonciation au revers) et le Christ sauveur des âmes (avec la crucifixion au revers). Le revêtement en argent ciselé fait partie du programme théologique de ces deux icônes.

 

Au début de la période des Paléologues, on privilégie les petites icônes raffinées et on souligne les aspects humanistes. Par exemple, une Annonciation met en scène la servante de la Vierge Marie, l'ange est joufflu et son drapé est très souple, l'architecture est réunit le plus grand nombre possible de motifs classiques...

 

Au temps des derniers Paléologues, on privilégie les icônes monumentales, et leur style est inspiré de l'hésychasme de saint Grégoire Palamas (†1359), l'icône exprime les énergies divines. Par exemple,

-         le Christ Pantocrator, peint au mont Athos en 1363 (voir : cliquez)

-         la Vierge « Peribleptos » (la plus vénérable), église de Cajnice (Bosnie et Herzegovine), voir : cliquez)

-         l'icône de la Dormition (musée de l'ermitage) où le décor confère à la scène une dimension sphérique qui accentue l'impression d'un rayonnement lumineux. La figure du Christ portant l'âme de la Vierge constitue le centre de la composition et le foyer des rayons.

-         Les louanges de la Vierge avec des scènes de l'hymne acathiste (cathédrale de la Dormition à Moscou).

-         Théophane le Grec est lui aussi un iconographe habité par la prière hésychaste.

 


Source : Olga Popola, Engelina Smirnova, Paola Cortesi, Les icônes, Solar, Paris 1996, p. 40-76

 

Synthèse Françoise Breynaert