Icône de l’Annonciation (XIV°, Ohrid)Lire aussi :Le symbolisme de la colombe

Icône de l’Annonciation (XIV°, Ohrid)

Après la ruine de l'empire byzantin (1204), Ohrid est une ville du Royaume de Thessalonique, un des États latins d'Orient mis en place par les Croisés. Elle devient une ville serbe en 1346. Elle fut sous domination turque du XIV° siècle jusqu'à la première guerre mondiale.

 

Commentaire matériel et historique[1].

Tempera sur bois, 94,5 x 80, 3 cm, légende en grec, début du XIV°, Ohrid. Galerie des icônes de l'église Saint-Clément.

Revers de l'icône de procession de  la « Vierge  psychosostria » (« qui sauve les âmes »)- cliquez.

Les deux faces datent de la même époque mais le revers n'a pas été revêtu d'argent.

Avec ses personnages en mouvement, l'effet pathétique de l'architecture, les couleurs sombres du premier plan et la luminosité du fond, la douceur de dégradé des nuances, cette œuvre compte parmi les fleurs de l'art du temps des empereurs paléologues.[2]

 

Les couleurs de l'archange[3].

L'archange Gabriel s'avance avec dynamisme. Sous sa tunique légère qui, flottant dans l'air, rappelle sa nature céleste et incorporelle, il porte un vêtement vert, couleur de vie et de fécondité.


L'architecture et le voile rouge[4].

La scène est représentée à l'extérieur des architectures compliquées qui lui sert de cadre. La perspective est inversée et s'ouvre sur le spectateur qui devient en quelque sorte un protagoniste de l'événement. Un voile rouge, qui servait à tamiser la lumière, signifie en fait que l'événement à lieu à l'intérieur. Mais les constructions, en iconographie, ne doivent pas enfermer la scène. Le sens des événements que montrent les icônes ne se limite pas à leur lieu historique, ni au temps qui les a vu naître. Il embrasse tout lieu et tout temps. L'événement est toujours actuel.

 

Le geste des mains[5].

La main droite de l'archange est levée en un geste de bénédiction et dirige notre regard vers la main de la Vierge qui esquisse un geste d'étonnement.

Du haut du ciel, symbolisé par un demi-cercle bleuté, jaillit l'Esprit Saint sous la forme d'une colombe. Alors, la main de Marie, qui  devant l'ange marquait son étonnement ; devient tout accueil pour l'Esprit Saint qui vient vers elle[6].

 


[1] Gordana Babic, Icônes, Comptoir du livre, Paris 1986 (Belgrad 1980), § 18.

[2] Gordana Babic, Icônes, Comptoir du livre, Paris 1986 (Belgrad 1980), § 18.

[3] Jacques Bihin et Vincent Minet, L'icône du Rosaire, Editions du Moustier, Louvain 1996, p. 24

[4] Ephrem Yon, Philippes Sers éditeur, Les saintes icônes, une nouvelle interprétation, Paris 1990, p. 168

[5] Jacques Bihin et Vincent Minet, L'icône du Rosaire, Editions du Moustier, Louvain 1996, p. 24

[6] Jacques Bihin et Vincent Minet, L'icône du Rosaire, Editions du Moustier, Louvain 1996, p. 24


Synthèse Françoise Breynaert

 

Le symbolisme de la colombe