Jules Slowacki (Pologne 1809-1849)

Jules Slowacki (Pologne 1809-1849)

Jules Slowacki (1809-1849), est un poète engagé, partisan du progrès social, surtout de l'amélioration de la vie des paysans. Maître incomparable de la langue polonaise, artiste épris de toutes les beautés du monde, il pressentit très vite la richesse du thème marial.

 

A partir de 1843, la figure de la Vierge qui domine désormais l'imagination de Slowacki est la femme du chapitre 12 de l'Apocalypse.

Dans les nombreux poèmes de la période mystique (Le Roi Esprit, Génésis, le Poète et l'inspiration, À hauteur des Plaintes de Jérémie, etc.) ainsi que dans des fragments inachevés, Slowacki parle fréquemment de cette jeune femme, de beauté merveilleuse, le plus souvent couronnée du disque solaire et ayant à ses pieds le croissant.

 

Le plus souvent, il évite de la nommer directement, mais il se sert parfois de termes comme « Bogurodzica » avec ou sans majuscules (Mère de Dieu), la Très Sainte Mère des Peuples, la Dame du Verbe, la Mère de mon âme - et même dans un essai de cosmogonie, aujourd'hui presque indéchiffrable : « Mère de mon corps, Mère de tous nos Corps ».

 

Par contre, il nomme directement Marie, en évoquant le charme du paysage polonais, dont elle serait comme une incarnation. Dans les murmures du seigle argenté, dans le bourdonnement des abeilles survolant les sarrasins roses et blancs, il distingue la silhouette de Marie et entend sa voix pleine de tendresse.

 


Extraits de : B. ROSINSKA, Notre-Dame dans la littérature polonaise, dans Hubert du Manoir, Maria, tome 2, Beauchêne Paris 1952, p. 229-230 ; ou www.biblisem.net/etudes/rosinotr.htm le 6 avril 2011.