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Françoise Burtz : Credo (art, XX° siècle)

 

http://www.francoiseburtz.org/Im/fb_T22_001.jpg

L'artiste : Françoise Burtz s'est retirée dans un ermitage, au Nord de la France. Voir son site personnel : cliquez.

 

La forme du tableau

La forme du tableau suggère le portail d'une église romane. Ainsi, le Credo transmis au baptisé est-il associé au portail par lequel il faut entrer.

On peut aussi y voir la nef d'une Eglise, avec sa voûte et ses piliers qui encadrent le tableau, conduisant à la « coupole ».

Cette forme permet de distinguer la terre et le ciel : sur le « linteau », la « voûte » ou la « coupole », l'artiste a représenté « le ciel ». Sous les « arcades », c'est « la terre ».

Le visage de Jésus est aussi dans « la coupole » : il représente le Verbe de Dieu avant sa venue sur terre, ou après sa remontée en gloire.

 

Ainsi, le tableau peut être lu dans double mouvement

-         un mouvement de descente "le Verbe s'est fait chair". Ce mouvement se lit de haut en bas : le Christ en gloire, l'Annonciation à Marie (grand format), Jésus dans la crèche, Jésus en croix et Jésus au tombeau où Jésus ressuscite.

-         un mouvement d'Ascension dans la gloire. Le mouvement commence en bas, avec le Christ ressuscité, le char qui emporta Elie dans la gloire, le baptisé, la table eucharistique...  nous sommes entraînés dans la gloire, par le Christ médiateur, dans la voûte céleste, où l'on voit la foule des saints. Au côté du Christ, telle l'épouse des noces de l'Alliance, la Vierge Marie.

 

Nous rencontrons ainsi la Vierge Marie dans le mouvement de descente et dans le mouvement de montée.

 

Une icône du Credo de l'Église...

« Je crois en Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre

Dans « le ciel », à gauche, est visible l'univers en genèse, né de l'amour de Dieu.

On distingue le couple Adam et Eve, créé libre, partenaire de l'Alliance. Qui dit liberté dit potentiellement la chute. C'est pourquoi il y a devant eux le Christ agneau, éventuellement prêt au sacrifice rédempteur.

 

« et en Jésus Christ, son fils unique, notre Seigneur »

Au centre de la voûte, le visage de Jésus est entouré par les tables de pierre où Dieu a inscrit sa Parole.

Cette parole est d'abord reçue par Moïse lors de l'Alliance au mont Sinaï et connue comme Torah (des lois et l'ensemble de l'histoire du monde relue à travers l'Exode Ex 19, 16-19 ; 20, 18-21).

Saint Jean nous dit que le Verbe s'est fait chair (Jn 1, 14) : la Parole de Dieu c'est Jésus.

La tête du Christ est aussi entourée d'un halo de lumière, avec une flamme. Le Christ est « Dieu né de Dieu, lumière né de la lumière »... L'illumination de nos baptêmes vient de lui. Le feu du Sinaï, comme le feu de la Pentecôte sont le reflet du feu de l'Esprit Saint, de cet Esprit Saint qui unit le Fils unique de Dieu au Père dont il est né avant les siècles.

Le Christ est vêtu d'une robe pourpre qui évoque sa royauté et le sang de sa passion rédemptrice.

 

« qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié »

L'Annonciation occupe la place centrale et en grand format.

L'ange (en blanc) annonce à Marie : « l'enfant sera grand, il règnera sur le trône de David son père et son règne n'aura pas de fin » (Lc 1, 33). (Lire plus, cliquez)

L'annonce parvient aussi à Joseph (en petit, à gauche). (Lire plus, cliquez)

L'enfant qui naît se confond avec la grande hostie de nos ostensoirs, celle où nous pouvons l'adorer dans la nouvelle humilité qu'il a voulue pour rester présents à nos côtés. Les mages l'adorent (à gauche). (Lire plus sur la prière d'adoration, cliquez)

Dans ses souffrances de mère, Marie a aussi une participation unique au mystère de la rédemption. Sur la gauche, le manteau bleu de la Vierge entoure toute la scène du calvaire, car à travers le disciple, toute l'Eglise reçoit Marie pour mère (Jn 19, 25-27). Lire cette scène au calvaire (cliquez). Le manteau de la Vierge descend jusqu'à la mort et la résurrection du Christ : la mère est présente aux mystères de son Fils.

 

« est mort, a été enseveli, le troisième jour, est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père Tout puissant »

En bas à gauche, la pierre du tombeau où le Christ mort est étendu. Et Jésus sort du tombeau. Le catéchumène qui regarde le tableau est du  même côté  de la pierre que Jésus : avec Jésus il descend dans la mort et remonte dans la résurrection.

En bas à droite, le baptisé sort de la cuve baptismale, à ses pieds, le char de feu qui emporta Elie au ciel évoque le mouvement d'Ascension qui commence aussi dans l'existence du catéchumène. Ce dernier est tourné vers l'évêque qui donne le baptême, l'Eucharistie et l'Esprit de Pentecôte. Les scènes sont déjà transfigurées par l'or du ciel.

A droite, le manteau bleu de Marie recouvre aussi toute la vie de l'Eglise et on peut le suivre en remontant tout le tableau jusqu'à la tête, jusqu'à traverser les arcades. Le Christ entraîne Marie dans la gloire. Lire plus sur l'Assomption dans le mystère du Christ et de l'Eglise (cliquez).

 

« d'où il viendra juger les vivants et les morts »

La poutre transversale de la croix sépare ceux qui ont jugé et condamné le Christ et  ceux qui, à l'ombre de la croix, reçoivent sa grâce. Ce mystère du jugement a un correspondant au ciel, où la main levée du Verbe sépare ceux qui ont retrouvé l'image de Dieu et ceux qui, aimés du même amour, ont refusé Dieu - c'est le refus qui fait du feu de l'amour un enfer.

Moïse et les prophètes sont parmi les saints. Ils n'ont connu du Verbe que la Parole de Torah qui entoure le visage du Christ en gloire. Mais ils sont sauvés dans ce qu'ils pouvaient déjà saisir de Dieu.

A l'Ascension, les anges disent que Jésus "viendra comme cela, de la même manière dont vous l'avez vu s'en aller vers le ciel." (Ac 1, 11). Parce que l'Assomption de Marie comporte des analogies avec l'Ascension (lire plus, cliquez), la tradition des Eglises considère volontiers la présence de Marie au moment du retour du Christ (lire plus, cliquez).

 

« Je crois en l'Esprit Saint, à la sainte Eglise catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle  »

L'Esprit Saint peut seulement être suggéré par l'harmonie du tableau, la vibration des couleurs, la transfiguration des visages...

Commençons en bas à droite du tableau, et remontons.

Les pieds du Christ fondent l'Eglise, avec l'évêque, le baptême, l'eucharistie, le mariage...

La main droite du Christ est posée sur la tête de l'évêque qui, sur la terre, représente le Christ.

Au-dessus, deux époux le jour du mariage, situés là où se rejoignent la robe pourpre du Christ et la robe bleue de Marie. Lire plus sur Marie et la famille (cliquez).

A demi incrusté dans le bras du Christ qui n'a cessé de pardonner au nom de Dieu, on voit le prêtre donnant l'absolution au fidèle.

Le dessin des arcades trouve un écho dans la table d'autel, et dans le feston qui borde l'encolure de la robe du Christ, c'est partout le même corps du Christ. Le catéchumène, par la vie de prière, quitte sa vie « dans la chair » (c'est-à-dire selon les passions humaines) pour entrer dans « le corps du Christ » (une vie de relations transfigurées en Dieu).

Juste sous la 4° arcade, sont représentées les trois vertus : Foi, Espérance, Charité. Ces vertus sont le chemin du ciel (Lire plus, cliquez).

Le manteau de Marie entoure aussi cette partie du tableau (à droite pour le spectateur), représentant la maternité de Marie sur toute l'Eglise. (Lire plus cliquez).

 


Bibliographie :

Jacques Bernard, Françoise Burtz, Guy Cordonnier, Service national du catéchuménat, Credo. Mediaspaul, Paris 1996.


Synthèse F. Breynaert