Jean Lurçat, Apocalypse 12, plateau d’Assy 1950Lire aussi :

Jean Lurçat, Apocalypse 12, plateau d’Assy 1950

Jean Lurçat, Apocalypse 12, plateau d'Assy 1950. Voir la tapisserie, cliquez. http://fabrice.blanc.cc/ballades/notre_dame/images/lurcat.jpg

 

En pénétrant dans la nef de l'église Notre-Dame De Toute Grâce du plateau d'Assy (France), nous sommes saisis et fascinés par la tapisserie de Jean Lurçat (1892-1966).

Elle représente Apocalypse 12, avec le grand signe opposant au dragon la femme enveloppée de soleil.

 

« Un grand signe apparut dans le ciel : une femme revêtue du soleil » (Ap 12, 1)

 

Dieu revêt avec tendresse Adam et Ève après la chute (Gn 3,21) et il revêt magnifiquement les lis des champs (Mt 6,30). Dans son Alliance, Dieu orne Jérusalem ou Israël d’habits fins (Ez 16,10-13) et le prophète dit : « Revêts-toi de splendeur, o Sion ! » (Is 52,1). Jérusalem répond: "J’exulte dans le Seigneur [...] parce qu’il m’a revêtue des vêtements du salut, il m’a enveloppé avec le manteau de la justice" (Is 61,10)

 

En Ap 12,1, on dirait que Dieu manifeste son amour pour « la femme » en lui donnant pour vêtement tout ce qu’il a de mieux, c’est-à-dire « son soleil ».

Dans la Bible, le soleil est la marque la plus emblématique de Dieu, il en exprime la transcendance.

Plus précisément, l’auteur de l’Apocalypse voit au milieu des sept lampes d’or, c’est-à-dire des sept églises "Comme un fils d’homme" c’est-à-dire le Christ ressuscité, et "son visage resplendit comme le soleil dans toute sa force" (Ap 1, 16). Quant à la ville sainte de sa vision, il n’y fait jamais nuit, mais elle n’a plus besoin du soleil naturel (Ap 21, 23 et 22, 5), elle est éclairée par "la gloire de Dieu", par "l’Agneau", par le "Seigneur Dieu".

 

La femme ayant un manteau "de soleil" est donc l’Eglise ou Marie, revêtue de la présence de Dieu, du Christ qui a donné sa vie, et qui est glorifié, ressuscité.

 

« Puis un second signe apparut au ciel : un énorme Dragon rouge-feu, à sept têtes et dix cornes, chaque tête surmontée d’un diadème. Sa queue balaie le tiers des étoiles du ciel et les précipite sur la terre. En arrêt devant la Femme en travail, le Dragon s’apprête à dévorer son enfant aussitôt né. » (Ap 12, 3-4)

 

Le dragon a des cornes et des diadèmes, symbole des rois ; l’image exprime que Satan agit sur la terre par les structures humaines.

Marie et sa communauté expérimentaient alors la puissance libératrice du Christ ressuscité. Le livre de l’Apocalypse reflète cette expérience de salut.

 


- cf. A.Serra, “Bibbia”, Nuovo dizionario di mariologia, a cura di De Fiores, San Paolo, Turino 1986, p.265-272,

- Cf. F. BREYNAERT, A l'écoute de Marie, tome II, préface Mgr Rey, Brive 2007, p. 226-239


F. Breynaert