Les événements historiques de la crise iconoclaste

Les événements historiques de la crise iconoclaste

La controverse commence en 730 sous Léon III et s'achève sous le gouvernement de la veuve de Léon IV, la régente Irène.

La controverse fut ouverte par Léon III l'Isaurique en 730 quand il publia l'édit qui ordonnait l'enlèvement et la destruction des icônes sacrées et exigea que tous les évêques approuvent les mesures impériales.

Mais le patriarche Germain de Constantinople s'y opposa.

Et le pape Grégoire II tenta d'abord de dissuader l'empereur de sa politique religieuse et quand il reçut à Rome la nouvelle de l'édit de 730, il réunit à Rome avec 93 évêques un synode qui condamna l'édit impérial.

 

Une forte opposition envers Constantinople émergea des pays de la Méditerranée orientale qui ne pouvaient pas être touchés par les décrets impériaux, étant occupés par les musulmans. Ainsi les chrétiens de l'Egypte, de la Palestine et de la Syrie qui restèrent fidèles à la doctrine de Chalcédoine et qui au V° siècle se séparèrent de Constantinople au sujet de la christologie, n'acceptèrent pas de condamner le culte des icônes sacrées ; au contraire ils continuaient à le pratiquer, et vraiment parmi eux est sortit l'un des plus grands théologiens de l'orient chrétien, Jean Damascène qui fut, entre autre, un grand défenseur du culte des images sacrées.

 

Le fils de Léon III, Constantin V (741 - 775) continua la politique religieuse de son père et réunit un concile à Hiera en 754 pour la faire légitimer sur le plan dogmatique et moral. Et en effet les pères du concile condamnèrent le culte et la dévotion des images mais ils se refusèrent d'approuver les autres résolutions qui s'opposaient au culte de la bienheureuse Vierge, des saints et des reliques et les affirmations contraires à la christologie orthodoxe. Quoique le concile de Hieria se fût auto-qualifié comme concile oecuménique, en réalité les autres sièges patriarcaux de Rome, Alexandrie, Antioche et Jérusalem ne se présentèrent pas. Les trois patriarches orientaux réunirent un contre-synode à Jérusalem en 767, pendant qu'un autre était tenu à Rome sous la papauté de Etienne II en 769.

 

Ce fut un temps de martyre pour beaucoup de chrétiens qui décidèrent de défendre leur foi. Entre ces défenseurs les moines se distinguèrent pour leur courage et leur constance pour défendre le culte des icônes sacrées ; la persécution prit le caractère peu à peu d'une véritable lutte contre le monachisme, bien qu'il y ait aussi des monastères qui adoptèrent les mesures iconoclastes.

 

Pendant le bref règne de Léon IV, 775 - 780, fils de Constantin, la politique devint plus douce. Mais le culte des icônes ne put être instauré de nouveau que sous le gouvernement de la veuve de Léon IV, la régente Irène.

 

Dans l'accalmie, le 2° concile de Nicée, en 787, est rendu possible

Il fut ainsi possible de réunir un concile en 787, à Nicée (pour motif de sécurité). Ce concile oecuménique, Nicée II est d'extrême importance pour l'Église orientale. Jean Paul II en commémora le 12° centenaire dans la Redemptoris Mater.

A Nicée II participèrent aussi des représentants de Rome et des patriarcats orientaux ; les décisions du pseudo-concilie de Hiéria (754) furent condamnées et on proclama la valeur et légitimité des images sacrées et de leur vénération.

On proclama clairement la distinction entre culte de latrie, dû à Dieu seul et culte "relatif" rendu aux images sacrées, comme aussi aux reliques, surtout à celles de la croix, et aux autres objets sacrés.

Fut aussi confirmée la validité des prières adressée à la Mère de Dieu aux martyrs et aux saints mais furent supprimées les innovations en cette matière.

 

Les empereurs reviennent à la politique dure de Léon III

Les décennies suivantes, l'empire byzantin fut secoué par des émeutes intérieures et des combats externes. Les empereurs revinrent à la politique de Léon III et de Constantin V. Comme l'avait été Grégoire de Constantinople, le patriarche de Constantinople Nicéphore fut remplacé par un ecclésiastique plus complaisant. Cependant il faut préciser qu'en pratique l'empereur et le patriarche n'étaient apte à exercer leur pouvoir répressif et persécuteurs que dans la capitale.


843 : La victoire de l'orthodoxie

Après la mort de l'empereur Théophile (842), c'est une autre femme qui rétablit l'orthodoxie: il s'agit de l'impératrice Théodora. Le culte des images sacrées fut alors proclamé publiquement. En souvenir de cet événement, tous les ans, le premier dimanche de Carême, l'Église orientale célèbre une grande fête du Triomphe de l'orthodoxie pour souligner l'importance historique et religieuse de cet événement.

 


Luigi Gambero