La maternité spirituelle de Marie (pères de l’Eglise)

La maternité spirituelle de Marie (pères de l’Eglise)

Irénée : Déjà Irénée avait souligné l'intercession de Marie sur la terre (Avocate d'Ève, Cause de salut) liée à sa Maternité divine et virginale : elle obtint grâce pour Ève, pour le sexe féminin, pour Adam et pour tout le genre humain.

 

Origène : La médiation de grâce de Marie sur la terre avait été perçue par Origène lors de la Visitation, médiation subordonnée au Christ qui opère en elle[1]. Origène avait déjà parlé de la Maternité spirituelle de Marie dans le sens où les chrétiens agissent d'une manière telle que Marie devient leur mère[2].

 

En Egypte, le Sub tuum praesidium avait indirectement attesté son intercession au ciel puisque c'est une prière formulée par les chrétiens en danger. Mais l'Occident n'a aucune prière à Marie avant la fin du V° siècle.

 

Epiphane de Salamine († 403)est le premier Père qui donne à Marie le titre de "nouvelle mère des vivants":

 

« Du point de vue simplement extérieur, toute la souche humaine est certainement née d'Ève. Mais en réalité la vie même du monde a été enfantée par Marie pour qu'elle engendrât un vivant. C'est pourquoi Marie est devenue mère des vivants. Ève fut cause de la mort, parce que par sa faute la mort vint dans le monde. Marie fut cause de la vie, parce qu'au moyen d'elle la Vie nous a été enfantée. » [3]

 

Saint Nil d'Ancyre († 430) appelle Marie : « la mère de tous ceux qui vivent de manière évangélique » Les chrétiens avec l'aide de la grâce, agissent de manière telle, c'est-à-dire comme le Christ, que Marie devient leur mère.

 

Saint Augustin († 430)

Saint Augustin a eu l'intuition que Marie est la mère des membres du Christ:

 

« Cette femme unique [Marie] est vierge et mère non seulement selon l'esprit, mais aussi selon le corps. Elle n'est pas la mère, selon l'esprit, de notre chef qui est le Sauveur lui-même ; spirituellement, elle est plutôt sa fille, - car tous ceux qui auront cru en lui, et elle est du nombre, sont appelés à juste titre les fils de l'époux (Mt 9, 15) ; - mais elle l'est de toute évidence de ses membres - et nous en sommes - car elle a coopéré, par la charité, à la naissance, dans l'Église, des fidèles qui sont les membres de ce chef. » [4]

 

Jésus avait dit: "Quiconque fait la volonté du Père mien qui est dans les cieux, celui-ci c'est mon frère, ma sœur et ma mère". Avant tout, l'Église est la Mère du Christ, parce qu'elle engendre ses membres. Les fidèles particuliers, peuvent devenir aussi "mère" du Christ dans la mesure où ils font la volonté du Père.

Saint Augustin[5] présente son interprétation de "faire la volonté du Père": faire la volonté du Père veut dire aimer les hommes pour qu'ils soient régénérés en Dieu et que le Christ soit formé en eux. Ceci suppose une charité authentique. Si donc celui qui fait la volonté du Père devient spirituellement "mère" du Christ, Marie l'est aussi, et plus que tout autre fidèle, « elle a coopéré, par la charité, à la naissance, dans l'Église, des fidèles qui sont les membres de ce chef. » Il s'agit d'une coopération efficace à la naissance spirituelle des hommes qui se réalise dans l'Eglise.

 

Les écrits apocryphes de la fin du V° au début de VI° siècle voyaient en Marie, encore vivante sur la terre, la mère des disciples et, avec grande insistance, de saint Jean.



[1] ORIGENE, Homélie sur Luc VII,1

[2] ORIGENE, In Jo. Com. I,4, GCS 8,14 ; dans sources chrétiennes 87, Paris Cerf 1961, p. 60-62

[3] Panarion 78,11; 78,23: PG 42, 715-716.

[4] Saint Augustin, De la sainte virginité, 6, dans L'ascétisme chrétien, par J.SAINT MARTIN, DDB, Paris 1939, p.205.

[5] Saint Augustin, De la sainte virginité, 5, ibid., p.204.


A.Gila

Faculté théologique pontificale « Marianum », Rome