La masculinité dans le dessein de Dieu (Y. Fauquet)

La masculinité dans le dessein de Dieu (Y. Fauquet)

« Je vous ai fiancés à un Époux unique, comme une vierge pure à présenter au Christ»

(2 Co 11,1-2)

 

C'est donc parfaitement clair: les hommes sont en situation fondamentale d'épouses eux aussi, et saint Bernard de Clairvaux, tout à fait fidèle à cette tradition, disait à ses moines qu'ils étaient des « épouses du Christ ». Rien de plus vrai, de plus simple et de plus profond. Et si nous observons attentivement, en profondeur, les personnalités religieuses aussi puissantes et originales que saint Bernard, saint François d'Assise ou saint Jean de la Croix - pour ne citer qu'eux -, il nous apparaît que, derrière une masculinité certaine, évidente, ces personnalités incarnent et réalisent, dans le mystère même de leur sainteté, la féminité fondamentale de l'Épouse du Christ.

 

La masculinité? Quelle est la place, quel est le rôle, quelle est la fonction de l'élément masculin dans une humanité féminine de soi, et épouse par vocation ?

La réponse me paraît particulièrement éclairante et féconde: le «masculin» n'est présent dans l'humanité féminine que pour la mettre - de la part de Dieu - en situation d'épouse.

Le rôle et la fonction du « masculin» dans l'humanité est une médiation sacerdotale; il est de médiation sacerdotale.

Par vocation, le masculin est au service de la promotion essentielle du féminin qui est le "me voici" de la sainteté.

Un texte illustre merveilleusement ce rôle sacerdotal du « masculin », le passage déjà cité de la lettre aux Éphésiens:

"Maris, aimez vos femmes, comme le Christ a aimé l'Eglise. Il s'est livré pour elle..."

(Ép 5,25)

 

Le fait d'être prêtre dans l'Église - de participer par ordination sacramentelle à l'unique et plénier sacerdoce du Christ - est de soi une réalité masculine, et masculine au maximum. C'est  toujours le texte déjà cité de saint Paul qui nous revient à la mémoire:

"J'éprouve à votre égard une jalousie divine car je vous ai fiancés à un Epoux unique, comme une vierge pure à présenter au Christ" (2 Co 11,2).

C'est parfaitement un langage de prêtre, un langage d'évêque, un rôle masculin de médiateur au service de la féminité fondamentale, c'est-à-dire de la vocation à la sainteté de l'épouse.

 

[L'auteur en déduit que l'ordination des femmes provoquerait une oblitération, un oubli de la vocation de la création, de l'humanité et de l'Eglise ; ce que Jean Paul II a dit dans Mulieris dignitatem]

 


Père Yves Fauquet

Extraits de Yves Fauquet, "Voici et me voici dans la Bible", éditions Anne Sigier, Paris 2003.