La doctrine de la co-rédemption avant le concile

La doctrine de la co-rédemption avant le concile

Depuis Léon XIII, plusieurs documents pontificaux ont exprimé la doctrine de la Co-rédemption, mais sans prétendre l'imposer comme doctrine à tenir par les théologiens et les fidèles.

 

Léon XIII : Dans plusieurs encycliques sur le rosaire, Léon XIII affirme l'intervention active de Marie dans les mystères de la rédemption, son association au sacrifice par l'oblation de son fils, sa participation au mérite rédempteur.[1]

 

Pie X déclare que Marie a mérité par sa compassion d'être "réparatrice du monde perdu"[2].

 

Selon Benoît  XV, Marie a été présente à la mort du Christ en vertu du dessein divin ; elle a immolé son fils de telle sorte qu'on peut dire qu'elle a racheté avec le Christ le genre humain.[3]

 

Selon Pie XI, Marie est réparatrice de l'humanité, en union avec le Christ ; de la compassion dérive son rôle de distributrice des fruits de la rédemption.[4]

 

Pie XII : Dans l'encyclique sur le Corps Mystique, Pie XII déclare que Marie, unie à son Fils, l'a offert au Père éternel, comme une nouvelle Eve pour tous les fils d'Adam, de telle sorte qu'elle est devenue mère de tous les membres du Christ.[5]

De même, dans l'encyclique sur la Reine du ciel (1954), Marie est dite associée, dans l'acquisition du salut, à Jésus Christ principe de ce salut.[6]

 

Ces documents pontificaux énoncent donc ce que les théologiens appellent la coopération immédiate de Marie à la rédemption objective.

 


[1] ASS 27 (1894-1895) 178 ; 28 (1895-1896) 130-131 ; 34 (1901-1902) 193-195.

[2] Ad diem illum, ASS 36 (1903-1904) 453-454 ; DS 3370

[3] Inter Sodalicia, AAS 10 (1918).

[4] Osservatore Romano, 20-30 avril 1935.

[5] Mystici Corporis, AAS 35 (1943) 247-248.

[6] Ad Caeli Reginam, AAS 46 (1954) 633-634 ; DS 3914.


Jean GALOT, Dieu et la femme, Louvain 1986, p. 243-244